Philippe Poutou : « On a un État au service des classes dominantes »

Publié par Regards. Confinement/déconfinement, aides aux entreprises, licenciements, libertés, chamaillerie, rapport de forces et perspectives politiques : le porte-parole du NPA, Philippe Poutou, est l’invité de #LaMidinale.

 

Sur le confinement de Philippe Poutou 

« Ma phase de confinement correspond à mon début de chômage. »
« Je suis en lien avec un cabinet de reclassement. »
« Ce confinement pose des problèmes de libertés collectives et individuelles mais il faut relativiser parce qu’il y a la maladie et les morts. »
« Tant qu’on n’est pas malade et qu’on a un appartement, ce n’est pas la même situation que ces centaines de sans-abris : il faut relativiser les choses. »
 

Sur la gestion de la crise par le gouvernement  

« Les crises révèlent les fonctionnements des sociétés, des fonctionnements politiques et des rapports sociaux. »
« La crise sanitaire montre que la préoccupation de ce gouvernement n’est pas en premier lieu la santé publique. »
« Le gouvernement est coincé par sa volonté de satisfaire les exigences patronales et celles des dominants. »
« Le déconfinement est lié à ce que voudraient les capitalistes c’est-à-dire au redémarrage de l’économie. »
« C’est une gestion calamiteuse du point de vue de l’intérêt des populations. »
 

Sur les aides de l’Etat aux entreprises 

« On est pris dans un discours dominant qui voudrait que la base de tout c’est le fonctionnement économique et les entreprises. »
« Il y a une volonté de faire peur sur les conséquences de la crise sanitaire. »
« Ils nous parlent de crise historique pour nous conduire à accepter de se serrer les coudes plus encore. »
« On pense que l’urgence aujourd’hui c’est de mettre tout les moyens - et notamment bancaires - au service de la population. »
« Les banques devraient être socialisées ; elles devraient être un service public. »
« Ils faut que les fortunes et richesses soient redistribuées. »
« On a un Etat au service des classes dominantes. »
 

Sur les licenciements à venir  

« Même avant la crise sanitaire on était dans la crainte de licenciements massifs. »
« La crise sanitaire est une occasion pour eux de refaire peur aux gens et justifier les licenciements. »
« Il faut repolitiser tout le monde et se dire que finalement, l’intérêt de tous, celui des petits commerçants, des paysans, des artisans, avec les chômeurs, les précaires et les salariés, c’est de se serrer les coudes pour se battre et défendre notre classe sociale contre les dominants et les capitalistes. »
« On voit bien qu’il y a des profiteurs en ce moment et que c’est les petits qui vont trinquer. »
 

Sur les « chamailleries » du 1er mai 

« Macron va très loin. C’est presque marrant parce que finalement ces gens de pouvoir se permettent tout avec leur suffisance et leur arrogance. »
« Leur tranquillité est presque inquiétante parce que s’ils se permettent de sortir ça maintenant c’est qu’ils ne se sentent pas tellement inquiétés par la réelle colère de notre camp social. »
 

Sur le rapport de force en période de confinement  

« On va être obligé de réinventer des choses. » 
« Il va falloir trouver des formes d’actions et d’expressions physiques qui ne soient pas juste des manifestations en ligne pour remobiliser notre camp social après le confinement. »
 

Sur le droit de retrait  

« Le droit de retrait est quelque chose de fondamental et il va falloir que ça soit respecté. »
« Si les salariés se sentent en danger, il est évident qu’il faudra respecter leur droit de retrait. »
 

Sur le rôle du NPA dans le « monde d’après » 

« On espère qu’on sera utile, un peu comme le mouvement social qui est pourtant très émietté. »
« Il fait que cette crise soit utile aussi. »
« Il faut que le mouvement social se reconstruise et qu’avec le mouvement syndical et politique, ils bossent ensemble. Ça ne veut pas dire qu’il se fonde dans une seule organisation mais il lui fait franchir une nouvelle étape. »
« L’alternative on la voit dans l’immédiat, dans la rue. Parce que c’est la rue qui dicte le rapport de force. »
« Il faut travailler la perspective électorale mais ce qui va être déterminant c’est le rapport de force. »
« Leur monde de demain, c’est leur monde d’hier en pire. »
 

Sur la souveraineté, le protectionnisme, la relocalisation  

« On défend les relocalisations. Mais une relocalisation indépendante de la question de frontière parce que la question peut tout aussi bien se poser à l’échelle d’une ville ou d’un département. »
« Le souverainiste a toujours eu une connotation particulière. »
« Il faut retrouver une autonomie alimentaire au plus près des territoires. »
« L’autonomie qu’on appelle de nos voeux ressemble plus à une autogestion ouvrière qu’à un discours nationaliste. »
 

Sur les élections municipales 

« L’organisation des élections en juin ne serait pas raisonnable. »
« On est pour que les élections aient lieu après l’été. »
« On aimerait bien aller directement au deuxième tour après l’exploit du premier tour qu’on a réalisé mais s’il faut refaire on refera parce que c’est aussi une bataille politique et la situation sociale évolue. »
« L’objectif c’est d’avoir des élu-es et d’être dans le parlement bordelais et de faire chier pour défendre nos idées et notre camp social. »
« Bordeaux n’est pas qu’une ville bourgeoise, c’est aussi une ville ouvrière. »
 

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