Les effets de la réforme des retraites sur les enseignantEs

Le régime actuel est calculé, pour tous les personnels de l’Éducation Nationale, quel que soit le statut, à partir du taux plein. C’est 75% du salaire des 6 derniers mois. Par rapport à ce taux plein, on va regarder combien on a d’annuités. Il y a un certain nombre de trimestres requis. Pour les personnels qui partent à la retraite à la fin de l’année, il faut l’équivalent de 42 années complètes. Quelqu’un qui n’aura pas ses 42 années complètes et qui a 62 ans, l’âge de partir à la retraite, va y avoir une décote qui va s’appliquer, de 5% par an.

Ça donne des retraites qui peuvent aller d’un peu plus de 1000 euros pour les personnels administratifs jusqu’à la meilleure retraite qu’on puisse toucher, pour un agrégé en fin de carrière qui aurait tous ses trimestres et toucherait 3400 euros bruts par mois.

C’est catastrophique. Au lieu de calculer sur les 6 derniers mois, ça va être pris sur l’ensemble de la carrière. Comme on a des salaires qui commencent très bas, on a des pertes qui sont énormes.

Dans le meilleur des cas pour un personnel administratif, il toucherait 1640 euros par mois, bruts, dans le système actuel. Et il perdrait 540 euros dans le système Delevoye, c’est-à-dire que c’est quelqu’un qui se retrouverait au minimum vieillesse.

Le 2e exemple est le cas le plus général. Quelqu’un qui est, soit professeur des écoles, soit certifié, soit CPE. On a des pertes qui vont de 670 euros à 910 euros. Quelqu’un qui commencerait à 23 ans, qui terminerait à 64 ans, ce qui est l’âge pivot dans le système Delevoye, il touche dans le système actuel de 2350 euros et, avec le système à points, ça amène à une retraite de 1570 euros bruts.

Pour le meilleur des cas, un agrégé de 30 ans, on regarde quand il partira à la retraite, combien il touchera dans le système à point. On prend le cas de quelqu’un qui partirait avec le taux plein actuel, à 66 ans et qui toucherait 3420 euros bruts par moi. Cette personne partirait dans le système à points avec une retraite de 2130 euros par mois. Et ça c’est le cas le plus favorable dans l’Éducation nationale.

Je parle en brut et pas en net, parce que les prélèvements, quand on est à la retraite, dépendent du revenu fiscal. Les taux de prélèvements sont différents. Le cas le plus favorable, pour les gens qui touchent le moins, on va avoir un taux de prélèvements de 7,4%. Les personnes qui gagnent le plus vont avoir un taux de prélèvement de 9,1 %. Le revenu fiscal dépend de tout un tas de facteurs. Ces calculs servent à connaitre les différences entre les deux systèmes.

Le cas moyen, de la majorité des enseignants, c’est une perte qui est aux alentours de 800 euros par mois.

Dès qu’on commence à en parler et qu’on met les chiffres réels devant les yeux des collègues, il y a un effet d’abattement. Mais on peut le voir de deux façons. La première est de se dire : de toute façon je ne toucherai rien donc à quoi ça sert. Il y a une autre façon qui est de se dire, si je perds 800 euros par mois, en une seule année ça représente 10 000 euros à la retraite ! Avec ces 10 000 euros, on peut faire facilement un mois, deux mois, trois mois de grève.

La temporalité n’est pas la même, mais ça donne de la combativité pour combattre ce système à points. Quand on voit ce qu’on va perdre, ça donne des bonnes raisons de se battre dès maintenant.

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