état d’urgence

De 1986 à 2014, en adoptant 14 lois sécuritaires le Parlement a renforcé encore le caractère autoritaire de la constitution.

« Liberté, Houria, Azadi », ce samedi 12 mars des milliers de manifestantEs ont crié, en français, en arabe et en pachtoune dans les rues de Paris leur refus de l’état d’urgence et des lois sécuritaires et liberticides ainsi que leur nature raciste et islamophobe.
C’est peut-être le plus grand danger : que l’état d’exception permanent s’impose et devienne habitude.
Après les terribles attentats du 13 novembre dernier, le gouvernement ne nous a pas laissé le temps du silence et du deuil : il a proclamé immédiatement l’état d’urgence et a accentué son intervention militaire.
Après les sénateurs, les députés ont donc voté, à une large majorité, la prolongation jusqu’au 26 mai prochain de l’état d’urgence.
Triste ironie du sort, c’est la même semaine que la cour d’assise de Bobigny et le tribunal correctionnel d’Amiens rendaient des jugements pour le moins révoltants.
De 1955 à aujourd’hui, on observe une permanence des recours à la loi d’urgence dans la gestion des crises politiques et sociales, avec certes quelques adaptations des textes, mais une constance dans la volonté des gouvernements successifs à nous habituer à vivre dans une république autoritai
En mai 2012, lorsque Manuel Valls accédait au ministère de l’Intérieur en roulant des épaules, se revendiquant hautement du briseur de grèves Georges Clemenceau, je m’étais permis cette petite insolence dans mon bulletin mensuel, Que fait la police : « Après l’eau de Vichy, l’eau de
Entretien. Historienne spécialiste de la guerre d’Algérie, Sylvie Thénault revient en particulier sur les années 50-60 où furent mises en place pour la première fois l’état d’urgence.

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