Caen, 12/01

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Cette semaine a été marquée par la tenue de plusieurs jugements en comparution immédiate sur des personnes arrêtées en marge de la manif/émeute de samedi après-midi dernier et d'autres arrêtés à leur domicile pour leur participation au blocage de Cora, lors duquel pour la première fois ça avait vraiment chauffé avec les flics. Un gars qui était devenu presque un ami dans le mouvement, ouvrier révolté de la métallurgie, fait partie de ce lot. Lui et 3 autres sont passés en comparution immédiate hier. Le président du tribunal a décidé un report pour tous au 1er février... et détention provisoire pour les 4 jusque là, alors même que les profils des 4 comprenaient au pire pour certains des faits de petite délinquance le plus souvent vieux d'au moins 10 ans !

Hier soir : AG à la ferme artistique "La Demeurée", un lieu marqué à gauche. Sans doute 300 (salle trop petite, ça débordait dehors). Le point compte-rendu des commissions a trop duré, du coup, le point suivant "revendications" a été squeezé. La seule décision un peu nette qui en est ressorti a été d'aller manifester sous les fenêtres de la maison d'arrêt notre soutien aux inculpés.

Ce samedi, au moins 2000 au départ de la manifestation au lieu de 1000 le 5/01.Peu de flics visibles, et à raison : à chaque fois qu'on en a croisé, la tension devenait dans l'air presque palpable, ils se faisaient insulter, des slogans anti-flics fusaient ("police partout, justice nulle part"). On a fait un gros tour de Caen, mais pas de visite à la prison. Au retour vers la préfecture, arrêt sur les marches du palais de justice cour d'appel. Les slogans résonnent, la marseillaise aussi. Puis l'intermittent qui joue le rôle de crieur public délivre ses messages. Après un gros flottement, les restants - autour d'un millier - forment un cortège et vont à la prison, distante de facilement 3 km. A l'arrivée, les gendarmes bloquent la rue qui y mène, commencent à s'équiper de masques à gaz. On reste là un petit moment. Puis on repart. Là, d'autres nous disent de revenir, certains sont allés par une ruelle adjacente au plus près des fenêtres de la maison d'arrêt. Une centaine de GJ, dont plusieurs proches des embastillés s'égosillent. On voit de l'autre côté des silhouettes qui agitent des serviettes, des slogans anti-Macron nous parviennent. On lance des messages à chacun des copains détenus. On repart super contents. Sur le retour, les plus chauds brûlent ce qui leur tombe sous la main : les sapins de Noël déposés dans un point de collecte, les poubelles. Les flics suivent à distance, puis de plus en plus près. J'ai décroché au retour dans le centre ville. Des affrontements ont éclaté peu après. Une copine a filmé un tabassage bien méchant par la BAC. Elle va tenter de le poster sur FB.

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