NPA : « Malgré la crise, le patronat a les poches peines »

Gaël Diaferia (à gauche) et le 3e de sa liste, le Haut-Rhinois Vincent Duse. Photo Emmanuel Delahaye

Tête de liste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) dans la circonscription du grand Est aux élections européennes de ce dimanche, Gaël Diaferia, 33 ans, employé administratif en Lorraine, est passé à Mulhouse avant-hier mercredi, le temps d’une rapide conférence de presse donnée en compagnie de son troisième de liste, le Haut-Rhinois Vincent Duse (syndicaliste à PSA-Mulhouse). Leitmotiv de leur campagne : « Faire entendre la voix des classes populaires ».

« Ces Européennes, c’est une occasion parmi d’autres d’exprimer notre colère, argumente M. Diaferia. Parce que ça n’est pas aux travailleurs de payer la crise du capitalisme – parce que même en période de crise, le patronat a les poches pleines de fric. L’an passé, 41 milliards de dividendes ont été distribués en France. Ce message est peut-être difficile à porter, mais c’est notre ambition. Notre campagne est d’autant plus modeste que nos moyens financiers sont limités. On dénonce d’ailleurs cette censure par le fric ! Sur notre liste, vous ne trouverez pas de notables, que des travailleurs et des travailleuses… C’est une liste à l’image des gens qui font tous les jours tourner la société. » Interdiction pure et simple des licenciements, établissement du Smic à 1700 euros net, augmentation de l’ensemble des salaires de 300 euros par mois, fixation de la durée légale du travail à 32 heures hebdomadaires, abolition du secret bancaire, etc. : les propositions du NPA ne déparent pas du discours habituel de l’extrême gauche.

Pas de protectionnisme

Pourquoi, d’ailleurs, n’avoir pas fait liste commune avec Lutte ouvrière, dont le discours est fort similaire (sa porte-parole nationale Nathalie Arthaud est venue à Mulhouse le 26 avril dernier) ? Réponse du tac au tac de M. Diaferia : « Vous poseriez la même question aux candidats du PS et de l’UMP ? Eux aussi, ils proposent la même politique ! D’ailleurs, on a une différence avec Édouard Martin [N.D.L.R. : ancien syndicaliste CFDT des hauts fourneaux d’Arcelor-Mittal à Florange, désormais tête de liste socialiste dans cette même circonscription du grand Est]. Les ouvriers qui sont sur notre liste ne joueront pas contre leur camp, eux ! Après, LO et nous, nous nous retrouverons tôt ou tard dans les luttes de terrain, dans la lutte des classes… Mais ce n’est pas la composition du parlement européen qui va changer la vie des gens. »

Une brève pause, puis l’intéressé conclut : « On fait aussi campagne contre le FN : son nationalisme et son protectionnisme. Ils ont le vent en poupe en ce moment, mais leur seul objectif est de défendre la grande bourgeoisie européenne dans la compétition capitaliste internationale. »

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