Philippe Poutou fait campagne à la campagne !

Mercredi 14 mai, Philippe Poutou, porte-parole national du NPA et tête de liste à l’élection européenne dans la circonscription du sud-ouest est venu lancer la campagne à Auch en compagnie de ses colistiers gersois du NPA32, Marie-Eve Calves, infirmière et François Favre, agriculteur. Article issu du site du NPA 32.

Avant de passer la parole à notre camarade Marie-Ève, François a tenu à dire quelques mots sur la lutte que mène le NPA au sein du Collectif Gersois Antifasciste contre l’implantation du Front National dans le département. C’est ainsi qu’une trentaine de militants du collectif a réussi lundi dernier à perturber la venue de Louis Aliot dans le Gers. Sa visite au marché de Mirande s’est faite sous les slogans et les quolibets et sa conférence de presse s’est tenue en catimini. François expliqua que le NPA « non seulement ne voulait pas de l’Europe telle que celle-ci avait été construite depuis le Traité de Rome mais que notre vision de l’Europe, solidaire, sociale et internationaliste était à l’opposé de celle du Front National ».

Les femmes, premières victimes des politiques d’austérité

Marie-Eve Calves a rappelé que les femmes étaient touchées de plein fouet par la crise actuelle et les politiques austéritaires du gouvernement PS : premières à être touchées par le chômage, discrimination à l’embauche, salaires inférieurs par rapports aux hommes. Elle a rappelé aussi que partout en Europe les politiques soutenues par tous les gouvernements ne faisaient qu’aggraver cette situation, car les économies comme par hasard se font toujours en priorité sur les plus faibles et les plus précaires, dans les secteurs occupés essentiellement par les femmes : santé, éducation, emplois de services à la personne, etc. Actuellement en Europe, 17 % des femmes vivent sous le seuil de pauvreté. Or au mois de mars dernier, le Parlement européen a rejeté un rapport sur l’égalité entre les hommes et les femmes, qui appelait à garantir l’égalité de rémunération à travail égal.

Partout les attaques contre les droits des femmes sont de plus en plus dures et certaines conquêtes, telles le droit à l’avortement sont remises en cause. Quant aux violences faites aux femmes, elles continuent car les politiques à dominance masculine « s’en foutent ». C’est ainsi que plus de 200 000 femmes en moyenne subissent des violences.

Environnement, agriculture et écosocialisme

Dégradation continue et catastrophique de la biosphère

François Favre prend ensuite la parole en rappelant la gravité des crises économiques, financières, écologiques qui se succèdent et s’accélèrent depuis 1971 et le premier choc pétrolier avec pour résultat une dégradation continue des conditions de vie qui affecte tout le monde hormis les super-riches.

« Nous assistons à une catastrophe telle que l’humanité n’en a jamais connue, chaque rapport du GIEC ne faisant que confirmer les prévisions les plus pessimistes du précédent rapport.

Toute activité humaine a une incidence sur la biosphère, mais l’échelle des destructions que nous connaissons est bien due au capitalisme. Mu par la seule recherche des profits, le système capitaliste porte en lui le saccage de notre environnement comme il porte les crises financières et économiques et, bien sûr, le chômage de masse. »

Le programme énergétique du NPA

Pour répondre à l’urgence climatique, écologique et sociale, le NPA propose un plan global de rupture énergétique réduisant drastiquement notre dépendance aux énergies fossiles y compris la sortie du nucléaire en moins de 10 ans, l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels et le développement des énergies renouvelables.

Alors que l’Union Européenne détruit massivement les services publics, le NPA imposera l’expropriation des groupes capitalistes pour construire au contraire des services publics décentralisés et gérés démocratiquement pour l’énergie renouvelable, l’eau, la protection de la nature et de la biodiversité. Réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre exige une réduction drastique des transports de marchandises et l’abandon des transports routiers et aérien. Et cela passera aussi par un aménagement du territoire et une politique de transports non polluants et gratuits.

Rappelant ici que le traité transatlantique négocié dans le plus grand secret entre l’union Européenne et et les Etats-Unis irait exactement dans le sens contraire, en abolissant les barrières douanières et en démantelant les quelques normes qui restent limitant les profits des multinationales, notre camarade a dénoncé l’Europe des grands projets inutiles tels que celui de Notre Dame des Landes qui ne servent qu’à engraisser « les bétonneurs et les spéculateurs ».

L’agriculture

En ce qui concerne l’agriculture, activité qui concerne particulièrement notre département, François a insisté sur la place que cette activité devait avoir dans notre projet de société radicalement différent de l’agriculture soutenue par l’Union Européenne.

Nous voulons en finir avec une agriculture et un élevage productivistes, qui maltraite les animaux, tue la vie des sols, extermine les abeilles, pollue l’eau, détruit les emplois et la santé des ravailleuses et des travailleurs agricoles, pour produire des aliments de piètre qualité.

La nouvelle PAC acte la dérégulation des marchés, privilégie toujours les grandes exploitations, ne met pas un terme aux agrocarburants et n’interdit pas les OGM. Le Grand Traité Transatlantique, c’est la porte ouverte au poulet à la javel, au boeuf aux hormones, aux élevages industriels, au brevetage du vivant, aux OGMs, à la marchandisation du vivant.

L’Europe, oui, mais pas cette Europe

Pour Philippe Poutou, prenant ensuite la parole, « Bruxelles est devenue le symbole de l’Europe capitaliste, de l’Europe des banquiers ». Et c’est à tous les gouvernements européens que l’Europe doit s’attaquer car ce sont tous les gouvernements européens qui pratiquent l’austérité sans complexe, y compris bien-sûr le gouvernement du Parti Socialiste en France.

C’est donc pour le NPA, un combat contre cette Europe que l’on veut nous imposer et nous devons mener un combat pour une autre Europe, une Europe solidaire, une Europe des peuples. 
Pour Philippe, il est important de refuser d’accepter les discours que l’on nous sert à longueur de journée dans les journaux, à la télé sur l’endettement de la France, sur les sacrifices nécessaires qui devront être partagés par tous. Du matin au soir les « experts » défilent dans les émissions télé pour nous bassiner les oreilles avec l’idée que c’est la crise, qu’on ne peut rien faire, que c’est un mauvais moment à passer et puis que si on se serre suffisamment la ceinture, comme par enchantement tout ira mieux.

L’Europe que nous voulons est celle de la libre circulation des femmes et des hommes de tous les pays, pas celle de libre circulation des capitaux et des marchandises.

Mais la répartition des richesses, l’Europe des peuples, l’Europe solidaire, l’Europe de l’égalité des droits, l’Europe de la libre circulation, l’Europe des droits des femmes, l’Europe des droits des sans-papiers, elle ne va pas se faire sans un combat frontal et l’union de toute la gauche radicale.

Pour Philippe, le refus du Front de Gauche de discuter de candidatures communes pour ces élections est un échec regrettable car « il aurait très certainement pu redonner confiance au peuple de gauche » qui voit dans cette dispersion une raison de plus de se démobiliser alors que pour la marche du 12 avril, initiée par le NPA et le PG, on avait tous senti un début de confiance retrouvée.

Rappelant au passage que bien-sûr il y avait des divergences entre nos différentes organisations, Philippe a essayé de faire passer le message encore et encore de la nécessité de la convergences des luttes, de continuer à renouer le dialogue, car les militants de base n’en attendent pas moins.

Débat avec la salle

Le débat qui a suivi les trois interventions a été très riche et a beaucoup intéressé les quelques quarante participants présents. Ont été débattues, les questions de l’unité, de l’autogestion, de la lutte pour le pouvoir, des reculs idéologiques que nous devons rattraper sur l’organisation de l’entreprise, sur la question des différences salariales, etc.

Au final cette réunion publique, pour le NPA du Gers, a été un bon succès et d’un bon niveau politique. De nombreuses personnes ont souhaité rester en contact avec nous et poursuivre les discussions sur nos idées et nos programmes et participer à nos activités, signe de la vitalité du NPA gersois.

Nous remercions Philippe bien-sûr d’avoir fait le détour par le Gers, mais aussi tous ceux et toutes celles, militants et sympathisants, qui ont contribué à faire de cette réunion un moment fort de cette campagne.

Enfin je me suis laissé entendre que Philippe ne se ferait pas trop prier de revenir goûter aux plaisirs de la Gascogne…

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