Pour une Europe des travailleurs et des peuples, envoyons valser l'austérité et le gouvernement

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Les élections au Parlement européen du 25 mai interviennent après des années de crise à travers lesquelles les États et les classes dominantes ont imposé aux peuples une régression économique et sociale dramatique en particulier en Grèce, au Portugal ou en Espagne. Ici aussi, Sarkozy puis Hollande ont mené une politique visant à augmenter les profits capitalistes au nom de la lutte contre les déficits budgétaires, de la compétitivité, de la concurrence dite «libre et non faussée». C’est au nom des mêmes objectifs que le gouvernement Valls, le gouvernement PS-Medef, engage une nouvelle offensive particulièrement agressive contre toute la population.

Cette offensive contre les travailleurEs et les peuples favorise partout les préjugés réactionnaires, crée un terrain favorable aux idées de l’extrême-droite xénophobe et raciste.

 

Leur seul horizon, l’Europe de l’austérité et du chômage

À peine arrivé au pouvoir, et contrairement à sa promesse de renégocier ce traité, François Hollande a entériné le traité budgétaire (TSCG), la règle d’or de l’austérité, voulu par Sarkozy et Angela Merkel. Il se soumet à la volonté des banques contre les salariéEs et les classes populaires. Au nom de la lutte contre les déficits, il brade les services publics en premier lieu la santé et l’Éducation. Au nom de la course à la compétitivité, il poursuit la remise en cause des droits des salariéEs engagés par Sarkozy, attaque les retraites. Avec le pacte de responsabilité il distribue 30 milliards d’euros au patronat au prix de la remise en cause de la protection sociale.

Ainsi, le chômage s’aggrave de mois en mois, les conditions de vie et de travail se dégradent, la régression sociale nourrit les inquiétudes, les peurs, les désespoirs que flatte le Front national.

 

Non à l’Europe des multinationales et des spéculations financières

La coopération entre les peuples d’Europe qui ont été, dans le passé, victimes de tant de guerres, est un besoin, une nécessité historique.

Elle est une condition pour oeuvrer au progrès social et culturel, agir au niveau international pour un monde nouveau fondé sur la coopération entre les peuples.

L’Europe capitaliste, l’Europe de la Banque centrale européenne est à l’opposé de cette perspective, elle en est la négation.

Elle est soumise aux intérêts des multinationales et des financiers qui exercent leur contrôle sur des États en concurrence entre eux, dont ils tiennent les cordons de la bourse et qui leur assurent une gigantesque rente par le jeu pervers de la dette publique. Cette rente engendre une spéculation effrénée dont les classes populaires paient la facture.

Le Grand marché transatlantique, négocié en secret entre l’Union européenne et les États-Unis veut supprimer les barrières douanières pour démanteler les normes limitant les profits des multinationales.

 

Leur Europe contre les peuples

Pour tenter de donner une légitimité à leur construction bureaucratique contre les peuples, les États et les gouvernements prétendent que l’Union européenne serait une protection contre la mondialisation financière libérale et impérialiste. C’est de toute évidence faux. L’UE n’est qu’un instrument pour les capitalistes afin de mener leur guerre économique en sacrifiant les peuples.

Les bourgeoisies de chaque pays et les États qui servent leurs intérêts sont bien incapables de construire une Europe démocratique et progressiste.

 

Le piège du repli national et de laxénophobie

Le Front national se fait le champion de la dénonciation de la tyrannie de Bruxelles pour mieux défendre une politique souverainiste, nationaliste et chauvine qui prône la sortie de l’euro pour défendre le retour au franc et le repli national.

Une telle politique est extrêmement dangereuse, elle n’a d’autre objectif que de diviser et dresser les uns contre les autres les travailleurEs pour le plus grand profit des capitalistes. Même en rompant avec l’Europe de Bruxelles, une France capitaliste resterait, soumise aux marchés financiers et les travailleurEs soumis à une concurrence encore plus féroce pour gagner des parts de marchés, exporter et payer la dette. Une telle perspective est un piège mortel.

 

D’Athènes à Tuzla en passant par Paris, l’Europe des travailleurs, des travailleuses et des luttes

Nous nous situons dans une tout autre perspective qui s’inscrit dans une histoire qui a commencé au XIXe siècle avec la première grande révolution européenne, le soulèvement démocratique de 1848, « le printemps des peuples» contre les vieilles dynasties.

Aujourd’hui, une nouvelle aristocratie use de ses privilèges pour concentrer entre ses mains une part considérable des richesses produites par la classe salariée et s’assurer le contrôle de la société. Un nouveau printemps est à l’ordre du jour, les révoltes grecques, portugaises, espagnoles ou venues des Balkans, de Tuzla, en sont les signes annonciateurs. Elles sont porteuses des mêmes aspirations, la liberté, l’égalité, la démocratie, le pouvoir pour et par le peuple.

Les listes soutenues par le NPA se veulent l’expression de ce mouvement des travailleuses et des travailleurs pour leur propre émancipation, celle de toute la société, du carcan d’une minorité parasite.

Pourquoi des listes unitaires avec Lutte ouvrière et le Front de gauche n’ont pas été possibles ?

Le NPA souhaitait la constitution de listes unitaires avec  toutes les forces politiques qui entendent se situer en  opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême  droite et rejettent toute forme de nationalisme et de  souverainisme.

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