Sida : le gouvernement ment, expulse et précarise

Selon l’OMS, le nombre de séropositifVEs devant bénéficier d’urgence d’une trithérapie anti-VIH s’élève à 26 millions. Seuls 10 millions bénéficient d’un traitement. Malgré son engagement, François Hollande a annoncé le 15 juillet dernier le gel de la contribution française au Fonds mondial contre le sida.

En France, depuis 2005, la tarification à l’acte détermine les budgets des établissements de santé. Couplée au sous-financement chronique des hôpitaux, cela a accru leur déficit, et la loi HPST, dite « loi Bachelot », est venue encadrer cette faillite. Elle provoque la fermeture de services entiers, redirigeant des centaines d’usagerEs vers des établissements plus éloignés et déjà saturés.
Le PS n’est pas revenu sur cette loi injuste socialement et dangereuse sanitairement, et pire, continue la casse de l’hôpital public. L’exemple parisien de l’Hôtel-Dieu est emblématique car c’est le second centre mondial de délivrance de Traitements post-exposition (TPE ou traitements d’urgence). Il en dispense plus de 500 chaque année, autant de contaminations VIH évitées. Au mépris de toute démocratie sanitaire, l’AP-HP en a planifié le démantèlement en vue d’une opération immobilière. Les séropositifVEs feront partie des premières victimes de la fermeture d’un service de consultations VIH coordonné avec les urgences et les unités d’examens indispensables à leur prise en charge.

La santé ou la répression ?
Cette casse programmée augure mal de l’avenir d’autres établissements plus modestes ou situés dans des régions plus pauvres. Ainsi Mayotte et la Guyane ont un taux d’incidence des infections par le VIH bien plus élevé qu’en métropole, avec un service de soins faible.
S’ajoutent à cela les orientations répressives dans lesquelles le gouvernement s’obstine :
- les expulsions des étrangerEs malades. En un an, Valls a expulsé vers des pays où les soins ne sont pas accessibles plus de ressortissantEs étrangèrEs atteintEs du sida et/ou d’une hépatite que les gouvernements précédents en 15 ans,
- la non-mise à disposition des prisonnierEs du matériel d’injection neuf,
- la pénalisation des clientEs des travailleurEs du sexe et prostituéEs.
En totale contradiction avec les objectifs de santé publique, ces postures idéologiques éloignent de la prévention et de l’accès aux soins des personnes les plus exposées au sida.

Manue Mallet

Samedi 30 Novembre 2013

 

La manif de la journée mondiale de lutte contre le sida se déroule cette année le samedi 30 novembre à 18 h à République. Le mot d'ordre est "pas d'entraves à l'accès aux soins".

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