Michelin (Joué-lès-Tours) : légitime colère

Pour s’opposer au plan de Michelin qui prévoit 726 licenciements sur les 930 postes de l’usine de Joué-lès-Tours, les Bibs ont bloqué l’usine pendant plus d’une semaine sans que les équipes syndicales, très repliées sur l’usine, prennent de réelles initiatives pour élargir la mobilisation.

Ils ont finalement accepté de laisser à nouveau entrer les camions contre la reprise de négociations qui étaient restées au point mort, preuve du mépris des patrons face à la détresse des salariés. Et même avec la levée du blocus, la direction de Michelin n’a rien mis de neuf sur la table. 

Sortir de l’isolement
Le jeudi 24 octobre, c’est donc plus de 600 personnes qui ont participé à une manifestation dans les rues de Tours. Les Bibs y étaient en nombre, tous portant le T-shirt dénonçant la politique antisociale de leur patron. La colère était plus que palpable dans les rangs des manifestants. La solidarité de la population s’est largement vérifiée tout au long du cortège auquel ont participé des militants de SUD, de la CGT, de LO, du PCF, du PG et du NPA. Les élus sont les grands absents, mis à part le maire d’une des petites communes de la périphérie de Joué. Les prises de parole syndicales insistent sur la colère mais n’offrent pas de perspective de mobilisation.
La réussite de cette manifestation et la colère vive des salariés qui ne demande qu’à pouvoir s’exprimer, ont cependant conduit la direction à revoir un peu sa position en acceptant d’avancer les mesures d’âge pour les fins de carrière. On est bien évidemment loin du compte pour bon nombre de salariés et la fermeture du site est toujours d’actualité. La question de la solidarité pour rompre l’isolement des Bibs sera déterminante pour une reprise de la lutte.

Correspondant 

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.