Le sourire de Mao

Jean-Luc Cornette & Michel Constant, Futuropolis, 2013, 76 pages, 16 euros.

Racheter la momie de Mao et l’exposer dans un musée conçu comme le monument culturel national de la République démocratique de Wallonie, voilà l’étrange idée du président Delcominette. Sur cette toile de fond surprenante, les deux auteurs ont construit un scénario de polar efficace, mettant en scène les tensions qui font suite à l’explosion de l’Etat belge. La longue crise gouvernementale et les multiples frictions nationalistes des dernières années ont conduit à poser la question de la pérennité du royaume.

Cette bande dessinée propose un scénario possible : une flambée nationaliste, des organisations de jeunesse qui rappellent les scouts, mais armés, et de multiples formes de mobilisation nationalistes qui tentent de masquer les logiques ultra-autoritaires. Pour autant, tout le monde ne se résigne pas à cet état de fait, et des organisations continuent la lutte, de façon clandestine.

Les trois jeunes héros de ce récit vont se retrouver pris en étau entre des intérêts contradictoires et finir broyés par l’aveugle raison d’Etat et ses perpétuels coups tordus. La politique fiction est un exercice difficile, rarement maîtrisé : cette bande dessinée est une véritable réussite, à lire sans hésitation.

Henri Clément

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