Mouvement des pères : recul pour les femmes

Dimanche 15 septembre à Paris a eu lieu la première « Marche des pères pour la coparentalité » à l’initiative d’un collectif d’associations plus au moins proches des réseaux masculinistes.
Enfin une mobilisation d’hommes pour l’égalité parentale, revendiquant une redéfinition des tâches et des temps de chacunE, une meilleure prise en compte de la parentalité au travail et dans la vie ? En réalité, cette manifestation ressemble plus à une copie de la « Manif pour tous » qu’à une joyeuse kermesse proféministe : des pères perchés sur les grues, des ­antiféministes notoires et autres réactionnaires de tous bords...

Revanche masculine
Leur plateforme revendicative propose notamment l’application systématique de la résidence alternée en cas de séparation, y compris s’il y a désaccord entre les parents, c’est-à-dire un contrôle accru sur les femmes, une difficulté supplémentaire pour déménager, refaire leur vie, ou s’éloigner d’un ex-conjoint violent par exemple. De fait, dans l’immense majorité des cas, lors des séparation, la résidence est effectivement accordée à la mère, suite un accord entre les deux parents et très rarement réclamée par les pères. De plus, ils revendiquent le placement systématique en institution de l’enfant en cas d’accusation d’inceste, pour l’éloigner d’une mère jugée trop « manipulatrice ». L’application d’une telle mesure rendrait dans les faits plus difficile de porter une affaire en justice. 

Ces revendications reflètent leur vision d’un monde où selon eux les femmes auraient gagné tous les pouvoirs, et contrôleraient l’institution judiciaire pour leur nuire. Au fond, cette marche des pères prône assez peu l’égalité, mais plutôt une volonté de revanche sur les droits acquis par les femmes, pour leur indépendance et leur autonomie, et un retour au modèle du chef de famille.
Loin, bien loin, de l’égalité réelle que nous souhaiterions pour nos vies.

Hélène Pierre

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