Portugal : une grève générale très suivie

Le jeudi 27 juin, le Portugal a vécu une journée sans aucun transport ferroviaire, sans transports collectifs dans les villes, avec des écoles et des centres de santé fermés et des hôpitaux fonctionnant avec le service minimum indispensable...
Les principaux ports du pays étaient fermés et le trafic aérien a souffert d’énormes perturbations. Les autres services publics, comme les finances, les tribunaux, les centres d’emploi ou de la sécurité sociale, étaient quasiment fermés. Le service de l’agence d’information Lusa a été interrompu toute la journée en raison de la grève des journalistes. Dans le secteur privé, la paralysie a été forte également, notamment avec l’arrêt de la production à Autoeuropa, l'usine de Volkswagen au Portugal, qui assure plus de 1% du PIB portugais et un taux élevé des exportations du pays.
La grève générale du 27 juin, la quatrième à laquelle doit faire face l’actuel gouvernement de droite PSD/CDS-PP, fut l’ « une des plus grandes de la démocratie portugaise » comme l’a fait remarquer João Semedo, coordinateur du Bloc de Gauche.

Un soutien populaire important
Dans les entrevues réalisées par les chaînes de télévision, les gens se disaient certes préoccupées par le fait d’attendre des heures des transports ou de n’avoir pas de consultations dans les hôpitaux, mais disaient aussi comprendre et soutenir les grévistes. Catarina Martins, coordinatrice du Bloc de Gauche, a mis en exergue dans ses déclarations que la grève générale avait été très suivie, et qu’ « elle avait reçu le soutien de toute la population ». Même le Financial Times a saisi la portée de la grève générale au Portugal, en titrant « Une tragédie sociale qui nourrit une grève générale portugaise » et en relevant que même le dirigeant de la CIP, la principale association patronale, avait déclaré que « les travailleurs ont des raisons de s’indigner »...
Il n’en a pas été de même du côté du FMI, de la Commission Européenne et de la BCE. La veille de la grève générale, le gouvernement portugais a dû rétropédaler sur l’attaque contre les professeurs, en renonçant à de nouveaux licenciements face à une grève extraordinaire dans l’éducation. La troïka n’a guère apprécié et fait part de sa « préoccupation » face à l’incapacité du gouvernement à mettre en œuvre ses exigences.
Face à la tragédie économique et sociale, le peuple portugais a déjà fait quatre grèves générales, des manifestations gigantesques et mené des actions de protestation nombreuses et variées. Première conséquence de cette nouvelle journée, le ministre des Finances du Portugal et numéro deux du gouvernement et le ministre des affaires étrangères ont présenté leur démission. Nul ne doute que la lutte va se poursuivre contre la politique désastreuse du gouvernement de droite et les diktats de la troïka.

De Lisbonne, Carlos Santos
(Traduction du portugais par Luiza Toscane)

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