Féminisme : toujours en marche

Le 9 juin à Paris, la cause des femmes se fera entendre dans la rue. Le mot d’ordre de la manifestation : « contre l’austérité », mais aussi « imposer une autre politique ». L’appel vient de plus de 150 femmes militantes, associatives, politiques, ou syndicales.
Les femmes sont les premières touchées par l’austérité : temps partiels imposés, bas salaires, retraites misérables ou tout simplement pauvreté. Parmi les salariéEs à bas salaire, 75 % sont des femmes, avec sur­représentation des mères seules avec enfants. Elles sont deux fois plus au Smic que les hommes, son augmentation devient donc une revendication féministe pour réduire les inégalités de salaires entre les sexes. 
Le temps partiel, féminin à 80 %, est souvent imposé. Il faut permettre de passer à temps plein à demande. D’autant plus que, dans 40 % des cas, le temps partiel est pris pour s’occuper des enfants ou d’un proche. Mais le gouvernement va dans un tout autre sens, avec l’ANI, qui va faciliter les variations d’amplitude d’horaire et autoriser des dérogations sur la durée minimale pour le temps partiel. Les baisses d’effectifs et des rémunérations dans le secteur public, où les femmes sont majoritaires, va creuser aussi davantage le fossé des inégalités. 

Social et santé : des acquis à défendre
Diminution des aides aux familles, mais aussi insuffisance des places de crèche, les coupes budgétaires dans la protection sociale sont subies de plein fouet par les femmes. Même problématique dans le domaine de la santé, où le droit à l’avortement est remis en question par la fermeture de centres d’IVG. La fusion des établissements hospitaliers et les déserts médicaux mettent en danger les acquis du féminisme. La mise en liquidation programmée de la clinique des Bluets, connue comme pionnière de l’accouchement sans douleur, est un exemple de plus de la situation alarmante que nous vivons. 
Aujourd’hui le mouvement féministe a toutes les raisons de continuer à exister, de se battre pour une autre politique, économique et sociale. Une politique réellement féministe ne peut exister qu’en faisant d’autres choix de société, qu’en remettant en cause la répartition actuelle des richesses.

Delphine Grenoble

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