Après le 1er et le 5 mai : agir ensemble, débattre

Dans ce contexte actuel d’offensive réactionnaire, les manifestations du 1er et du 5 mai ont représenté un moment important pour que s’affirme une opposition de gauche, ouvrière et populaire, au gouvernement. Et cela bien que les dirigeants de la CGT le 1er Mai, ceux du Front de gauche le 5, n'aient pas voulu dire clairement qu'ils étaient dans l'opposition. Les uns comme les autres plaident pour un changement de cap et veulent faire pression sur le gouvernement.

Notre démarche politique a  consisté à être partie prenante de ces mobilisations, au coude à coude avec celles et ceux qui voulaient dire leur mécontentement dans la rue tout en disant nos désaccords, nos critiques avec le Front de gauche comme avec la direction de la CGT, pour défendre notre propre orientation.
L’enjeu maintenant, alors que gouvernement et patronat lancent une nouvelle offensive sur les retraites, est de poursuivre la discussion engagée sur les moyens de préparer la riposte. Nous continuons d’articuler des propositions pour l'action avec le débat sur les perspectives pour travailler à la convergences des mécontentements et des luttes, c'est-à-dire convaincre autour de nous, et plus largement, qu'il n'y a pas d'autre issue qu'un affrontement avec ce pouvoir, pour ne pas laisser l'initiative à la droite et surtout à l'extrême droite. Préparer l'affrontement n’est possible que si l’on se considère comme une force d’opposition qui n’a d’engagement que vis-à-vis des travailleurs, de la population, une force d’opposition qui porte une perspective politique en rupture avec les politiques d’austérité et la dictature de la finance. 

Ce n'est qu'un début, poursuivons le débat !

Nous voulons en débattre largement et publiquement dans nos syndicats et ­associations, avec les militants et proches du Front de gauche mais aussi avec Lutte ouvrière. Nous serons d’ailleurs présents à leur fête et participerons le dimanche 19 mai à un forum.

Nous avons aussi participé le lundi 13 mai à la réunion initiée par le PCF pour construire le cadre des assises nationales du 16 juin que le Front de gauche souhaite mettre en place afin de discuter des moyens de « créer un rapport de forces populaire favorable à un changement radical de la politique suivie par ce gouvernement ». Nous sommes partie prenante, mais il est clair que nous ne pouvons y participer que dans un cadre qui ne le corsète pas dans la perspective « d’un nouveau contrat majoritaire à gauche » selon la formule de Pierre Laurent. Nous ne pouvons non plus signer un appel avec des partis qui participent au gouvernement. Les choses ne sont pas encore ficelées et nous déciderons de notre attitude lors de notre prochaine réunion de direction nationale fin mai.
Quoi qu'il en soit, nous devons nous donner les moyens de poursuivre le débat engagé. C'est à travers ce débat en lien avec les luttes et mobilisations que nous entraînerons autour de nous, convaincrons. Loin d'avoir des réticences et des réserves, des timidités politiques, nous avons toutes raisons d'être offensifs pour débattre tant vis-à-vis du Front de gauche que de Lutte ouvrière, vis-à-vis de toutes les organisations à la gauche des partis gouvernementaux et, plus largement, au sein du monde du travail et de la jeunesse. Faisons le pari qu’après ce « printemps des cons », l’été sera meilleur…
Yvan Lemaitre

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