Grande-Bretagne : du neuf dans la gauche radicale

Nous publions ci-dessous des extraits d'un appel paru dans le journal Guardian et signé par Ken Loach, cinéaste, Kate Hudson, secrétaire générale de la Campaign for Nuclear Disarmament et Gilbert Achcar, chercheur en sciences politiques à Londres. 8 000 personnes ont déjà signé ce texte soutenu par une partie de la gauche anticapitaliste britannique, dont nos camarades de Socialist Resistance.

Le parti travailliste nous a trahis. Nous avons besoin d’un nouveau parti de gauche
La Grande-Bretagne a besoin d’un parti qui rejette les politiques néolibérales et améliore la vie des gens ordinaires. 
Aidez-nous à le créer !
L’austérité précipite la catastrophe économique qui atteint l’Europe, tout récemment la population chypriote. Mais George Osborne (ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Cameron – NDLR) poursuit la même politique désastreuse. Le budget présenté la semaine dernière n’est pas une surprise : Osborne a annoncé encore de nouvelles coupes budgétaires ainsi que l’extension du blocage des salaires dans le secteur public, ce qui signifie une baisse du pouvoir d’achat en termes réels (…)
La violence des attaques économiques du gouvernement ne connaît pas de limites. Aide aux handicapés, allocations chômage, impôts locaux, taxe sur les pièces inoccupées : autant de politiques punitives dirigées contre les membres les plus vulnérables de la société (…) Mais, bien sûr, la vérité est qu'en réalité, les politiques d’austérité ont été conçues en vue du démantèlement de l’État-providence, de la baisse des salaires, de la marchandisation complète de l’ensemble de l’économie, de la destruction de tous les acquis économiques et sociaux obtenus par les couches populaires depuis la Seconde Guerre mondiale (…)
Dans le passé, beaucoup s’attendaient à ce que le Parti travailliste agisse pour nous et avec nous ; mais ce n’est plus le cas. L’allocation chômage ? La semaine dernière, le Parti travailliste s’est abstenu et maintenant le gouvernement peut en exclure un quart de million de demandeurs d’emploi. La taxe sur les pièces inoccupées ? Est-ce qu’un gouvernement travailliste l’abolirait ?
Nous avons besoin de politiques qui rejettent les coupes budgétaires des conservateurs, qui régénèrent l’économie et améliorent les vies des couches populaires. Nous n’obtiendrons rien de tout cela du Parti travailliste. Cela ne fait aucun doute : par le passé, certaines réalisations travaillistes ont été remarquables (…) Mais ces réalisations appartiennent maintenant au passé. Aujourd’hui, le Parti travailliste s’est converti aux coupes budgétaires et aux privatisations. Il démantèle lui-même sa grande œuvre passée. Le Parti travailliste nous a trahis (…)
Le Parti travailliste britannique n’est pas isolé dans son glissement à droite et sa conversion aux politiques économiques néolibérales. Ses partis frères en Europe ont suivi le même chemin depuis deux décennies. Mais, ailleurs en Europe, de nouveaux partis ou de nouvelles coalitions – comme Syriza en Grèce ou Die Linke en Allemagne – ont commencé à occuper l’espace laissé vacant et à offrir une alternative politique, une vision économique et sociale. Il faut en finir avec l’anomalie qui laisse la Grande-Bretagne sans alternative politique de gauche pour défendre l’État-providence, l’investissement créateur d’emplois, le logement et l’éducation, la transformation de l’économie.
C’est pour cette raison que nous appelons les gens à se joindre au débat pour la fondation d’un nouveau parti de gauche. La classe ouvrière ne peut rester sans représentation politique, sans défense alors même que toutes ses victoires et tous ses acquis sont en train d’être détruits.

Traduction de François Coustal

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