Edito : un an pour Hollande, zéro pour les salariés !

Le quinquennat de François Hollande aura au moins été marqué par une réussite : battre le record de l’impopularité au bout d’une année de présidence. Élu avec 51,6 %, on ne compte plus, un an après, qu’un quart des électeurs pour lui faire confiance. De nombreux électeurs de gauche qui avaient saisi le bulletin Hollande pour chasser Sarkozy, sans illusion sur la politique qui serait menée, ont pu vérifier que le changement n’était pas pour maintenant. Comment s’en étonner alors que la ligne de conduite du Président et de son gouvernement consiste depuis le 6 mai 2012 à mettre en œuvre l’agenda néolibéral ?
La normalité dont il souhaite faire la marque de son mandat n’est, somme toute, que la pratique du renoncement des dirigeants de gauche qui, accédant aux responsabilités dans le cadre de l’alternance, revêtent les habits de leurs prédécesseurs, contribuant à discréditer ainsi la politique aux yeux de millions de salariéEs. La fermeté sur le mariage pour tous, comme les gesticulations d’un Montebourg, ne sauraient camoufler cette réalité.
De promesses non tenues (renégociation du TSCG, imposition à 75 %, loi de « dissuasion » des licenciements, fermeture de Fessenheim, amnistie sociale, droit de vote des étrangers…) en décisions favorables au Medef (ANI, crédit d’impôt de 20 milliards, nouvelle offensive contre les retraites…), cette première année n’est que le prélude à de nouvelles attaques contre la classe ouvrière. En témoigne l’annonce par Ayrault, le soir même de la manifestation dimanche 5 mai, d’une réduction des participations de l’État dans le capital de plusieurs entreprises publiques. La voie des privatisations s’agrandit. Le mépris vis-à-vis des classes populaires aussi.
Non seulement cette politique prépare le retour de la droite, si discrète sur les mesures économiques du gouvernement, mais elle nourrit la montée du Front national qui se repaît de la colère accumulée contre les licenciements et la baisse du pouvoir d’achat. D’où l’urgence de favoriser et faire converger les mobilisations, de mettre en débat la perspective d’un gouvernement des travailleurs afin de construire une alternative politique contre l’austérité de gauche, contre la droite et l’extrême droite.

Côme Pierron

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