CPN : relancer notre parti

Le Conseil politique national élu à l'issue de notre dernier congrès a tenu sa première réunion le week-end dernier. Il avait deux objectifs essentiels : mettre en place un nouveau dispositif directionnel, et définir nos tâches pour faire face à nos responsabilités et mettre en œuvre les décisions du congrès.
À travers un riche débat politique, de nouveaux pas en avant ont été fait lors de ce premier CPN, mais nos divisions sont loin d’être surmontées.
Faire vivre le parti, sa démocratie
La première discussion visait à trouver les moyen de refaire du CPN une véritable direction jouant pleinement son rôle dans le travail d'animation du parti, la coordination des comités, l'élaboration politique à travers des liens vivants avec les comités comme avec le comité exécutif (CE). Il a été décidé d'adopter un CE composé de 29 membres. Des camarades trouvaient ce chiffre trop élevé mais l'idée qu'il était indispensable de nous donner les moyens d'associer au sein du CE le plus de compétences et d'expériences l'a emporté.
Les différentes commissions du CPN (commission internationale, écologie, éducation nationale, antiraciste…) se sont réunies pour se structurer avec les nouveaux membres et commencer à définir un plan de travail. Deux d'entre elles, la commission d'intervention sur les lieux de travail et la commission d'organisation, se réuniront tous les quinze jours sur une partie du temps de réunion du CE qui tiendra alors une réunion courte. Une motion issue de la commission nationale d'intervention féministe a aussi été adoptée, une motion dénonçant les conséquences de la crise pour les femmes qui en sont les premières victimes et prévoyant un calendrier de débat sur les questions féministes.
Nos difficultés financières ont été abordées. Elles feront l'objet d'une discussion approfondie lors du prochain CPN en intégrant le problème des moyens financiers que nous pourrons dégager pour les prochaines échéances électorales, municipales et européennes.
Enfin, deux tendances constituées dans la cadre du débat de congrès, la W et la X, ont décidé de se dissoudre. La position Y a annoncé l'ouverture d'une discussion pour construire un courant au sein du NPA.
Construire une opposition politique
La discussion sur la situation sociale et politique s’est organisée autour de deux textes : l’un initié par la majorité et l’autre par la position Y. Au final, deux commissions se sont tenues séparément : l’une avec des membres issues de l’ancienne position W, de la majorité et de quelques camarades de la Y ; l’autre autour de la Y et de la Z. La première commission pensait pourtant qu'il était possible d'aboutir à une résolution commune en définissant ce qui nous regroupait, tout en mettant en œuvre ce qu'a décidé une majorité du NPA lors du dernier congrès.
Un débat général a eu lieu, principalement autour de deux points : quelle politique pour aider à la convergence des luttes et la place que doit prendre dans notre travail politique la perspective d'un gouvernement défendant des mesures contre l'austérité. Plus précisément, comment articuler notre démarche unitaire de front unique, la construction d'une opposition de gauche et la question de l'alternative politique ?
L'approfondissement de la crise en Europe avec l'affaire chypriote, l'accumulation d'éléments de crise politique en France dont font partie les récentes « affaires », les difficultés rencontrées dans les mobilisations mettent  au premier plan la question du nécessaire affrontement avec le gouvernement Hollande-Ayrault en particulier dans notre activité syndicale autour du refus du prétendu dialogue social. Préparer un mouvement d'ensemble, l'affrontement avec le patronat et le pouvoir est indissociable de la bataille pour construire une conscience de classe politique.
Notre opposition est internationaliste, elle combat la guerre de l'impérialisme français au Mali, et lors de ce CPN a eu lieu en plénière une discussion sur cette guerre coloniale, introduite par Paul Martial, animateur du bulletin « Afriques en lutte ».
Au cœur des mobilisations
Par delà le débat sur les perspectives politiques se dégage un accord sur nos priorités dans les mobilisations : la campagne emploi, contre l'ANI et le projet de loi de « sécurisation de l'emploi », pour la défense de la protection sociale, des retraites, la lutte pour le droit à la santé, contre le projet de loi Peillon, pour l'égalité des droits, pour le retrait des troupes françaises du Mali et d'Afrique… En particulier, nous faisons de la mobilisation du 11 mai pour la chaîne humaine qui doit encercler la ZAD de Notre-Dame-des-Landes une de nos priorités.
Dans le même temps, pour populariser nos perspectives politiques et nos réponses à la crise, nous engageons une série de réunions publiques et de meetings du NPA. Nous nous adressons à la gauche politique qui ne participe pas à ce gouvernement pour mener avec elle le débat stratégique et aider à la construction des mobilisations contre les politiques d'austérité mise en place par Hollande-Ayrault.
L'enjeu est maintenant de traduire dans les faits les tâches de construction, faire vivre la démocratie et relancer la dynamique du NPA. L’affaire de toutes et tous !
Yvan Lemaitre

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