La Poste

Le 11 mai, date du « déconfinement patronal », n’a pas vraiment été synonyme de « reprise » à La Poste, dans la mesure où les activités n’ont jamais cessé, même si la voilure a été réduite, en grande partie grâce à la combativité des postierEs.

Le PDG de La Poste, Philippe Wahl, a été interviewé par Léa Salamé sur France Inter jeudi 23 avril. Au cours de ces dix minutes d’entretien, les termes « service public » ou « missions de service public » concernant La Poste ont été prononcés sept fois !
On le sait, la réouverture des écoles le 11 mai, organisée en dépit de la situation sanitaire, répond en réalité aux desiderata du patronat. Les dirigeants de La Poste sont dans les starting-blocks.
L’image est frappante : des files d’attente, dans les quartiers populaires, dignes des pays du bloc de l’Est au temps du stalinisme. L’accueil des personnes touchant les allocations sociales (RSA, CAF…) mis en place par La Poste a été tout simplement indigne.
Dès le début de la pandémie, nous avons été nombreux à exiger la mise en place d’un plan d’urgence pour protéger tout le personnel, à commencer par un arbitrage des activités vitales de celles qui ne le sont pas, pour na pas que les soignantEs aient à arbitrer sur les vies à sauver.
Les mobilisations de postierEs sur tout le territoire (droits de retrait massifs) et l’assignation en justice de la fédération SUD PTT avaient forcé l’entreprise à prendre certaines mesures, dont la diminution du temps de travail, à trois jours, à la distribution (du mercredi au vendredi)
Dans la gestion de la crise sanitaire, l’omerta est une ligne de conduite permanente pour les dirigeants de La Poste.
Deux postiers ont reçu le 24 mars une amende pour s’être rendus dans un bureau de poste afin de défendre leurs collègues puisqu’aucune me­sure sanitaire n’était respectée. Les deux repré­sentants syndicaux ont alors vu la police interve­nir pour les obliger à sortir du dépôt.
Lorsque la situation de pandémie a été annoncée en France, le groupe La Poste a fait le minimum vis-à-vis des postierEs et de la responsabilité sociale qui consiste à prendre des mesures pour enrayer la contamination.
À Saint-Denis, Villetaneuse, Épinay-sur-Seine et l'Île-Saint-Denis, il ne reste qu'un bureau de poste ouvert pour 190 000 habitants.

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