Sur quels points de la discussion se jouent les enjeux stratégiques ?

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Un premier BI est sorti, divers ateliers ont eu lieu à l'université d'été qui ont permis de rendre la discussion plus vivante mais notre débat stratégie reste trop éloigné des préoccupations de la majorité des camarades. Le lien entre les points abordés, les idées développées et notre intervention, les difficultés du NPA  ne semblent pas suffisamment prises en compte.  Je crois que c'est de ce point de vue que la discussion devrait se dérouler. Il ne s'agit pas d'une discussion académique mais bien d'un débat militant dont l'objectif est de mieux armer notre parti, de lui donner une cohérence, de dépasser ou de donner un contenu précis aux divergences. Une des façons d'y parvenir est sans doute d'organiser des discussions dans les comités et les fédés, d’irriguer la discussion dans toute l'organisation, de mettre aussi ce point à l'ordre du jour de la rencontre nationale des comités.

L'enjeu est d'importance. A défaut d'être capable d'apporter des réponses aux questions stratégiques qui donnent une cohérence à note politique,  le NPA continuerait à être désarmé, ballotté entre les uns ou les autres sans avoir la force de définir à travers des rapports démocratiques sa propre personnalité politique.

Il ne s'agit pas de conclure avant d’avoir commencé la discussion, mais de préciser  les questions autour desquelles se centrent les enjeux stratégiques.

 

a) Il semble évident pour tout le monde que nous sommes confrontés à une nouvelle phase de développement du capitalisme. Nous avons besoin d’en définir les traits nouveaux essentiels pour en comprendre les implications du point de vue militant. Ainsi nous pourrons ancrer nos perspectives dans les réalités objectives du monde moderne en dégageant les lignes de force qui portent notre projet révolutionnaire. Le processus de révolution permanente n’est pas un concept abstrait mais repose sur des réalités objectives.

La question essentielle à laquelle nous devons répondre est celle de l'actualité de la révolution et de la perspective du socialisme et du communisme. Qu'est ce qui fait que ce qui a échoué hier est toujours à l'ordre du jour ? Qu’est-ce qui le rend possible ? Et par quels moyens ?

b) Dans le même sens, il nous faut argumenter sur la classe ouvrière comme sujet révolutionnaire et d'où peut venir la renaissance du mouvement ouvrier. Il ne s’agit pas d’une question sociologique mais néanmoins cette renaissance ne sera possible que si elle a des bases objectives. Quelles évolutions peuvent permettre au prolétariat de prendre conscience de son rôle révolutionnaire, de s'approprier  les perspectives du socialisme et du communisme ? Comment peut s'opérer la fusion du socialisme et du mouvement ouvrier ?

 

c) En quoi la mise en concurrence à l'échelle mondiale des prolétaires, dont la crise des migrants est une expression brutale, sapent les bases sociales du réformisme et des illusions réformistes même si elles ne les éliminent pas ? Quelles conséquences pour les nouvelles forces réformistes ? Quelles nouvelles possibilités pour les anticapitalistes et révolutionnaires ? En quoi cela nous oblige à repenser notre stratégie, les politiques dites unitaires et leurs liens avec notre travail de construction du mouvement révolutionnaire dans la classe ouvrière et la jeunesse ?

 

d) Face au recul du mouvement ouvrier qui laisse le terrain au souverainisme et au nationalisme, nous avons besoin de discuter de l’internationalisme comme une politique en particulier au niveau européen. Est-il possible de penser la construction d’un réel parti révolutionnaire de masse au niveau national ou bien la question se pose-t-elle nécessairement au niveau européen ?

 

e) La discussion autour de la place prise par la crise écologique, la combinaison de la crise économique, sociale et politique avec la crise écologique   donne une urgence nouvelle a la rupture avec le mode de production capitaliste, à la transformation révolutionnaire de la société. Cette urgence, le caractère nécessairement global de la réponse,  le lien indissoluble entre l’exploitation de la force de travail et le pillage des ressources naturelles vient souligner la nécessaire intervention de la classe ouvrière y compris sur cette question parce qu'elle est la seule capable de prendre les mesures sociales nécessaires pour aller vers la planification de la production.

 

 f) Il serait utile de définir précisément ce qui est en jeu dans la discussion sur socialisme ou écosocialisme. Il est démagogique de prétendre que les uns accorderaient plus d'importance à l'écologie que d'autres, jugement de valeur qui n'a pas d’intérêt. Le débat concerne la nature des réponses. La réponse à la crise écologique passe par des réponses sociales, une révolution sociale. En cela, nous nous différencions de ceux qui abordent la question du point de vue « écologique », hors des luttes de classes, ou ceux qui l’abordent dans le cadre du capitalisme. Il est nécessaire d'insister sur  le lien questions sociales et écologiques ainsi que sur l'intervention des classes exploitées.

 

g) La montée des idées et forces réactionnaires engendrées par la politique libérale et impérialiste des classes dominantes pose la question de la lutte pour la démocratie dans notre démarche transitoire, notre plan d’urgence, la lutte contre toutes les formes d’oppression, pour l’égalité entre les sexes en particulier face à la progression des forces d'extrême droite ou des intégrismes religieuses.

                                                                                 

Yvan 91

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