Quand Pékin chante la mondialisation capitaliste

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Donald Trump a fait de la Chine l’un des ennemis favoris. Cependant, en se retirant des accords multilatéraux tels le traité de libre-échange transpacifique (TPP), il ouvre un véritable boulevard aux ambitions chinoises. Depuis plus de deux décennies, Pékin prépare avec constance les bases d’un leadership international. La compétition sino-américaine s’est progressivement aiguisée. L’élection du nouveau président des États-Unis devrait donner un coup d’accélérateur aux bouleversements géopolitiques en cours.

L’orientation de Trump peut évoluer, notamment en fonction des décisions du Congrès, des négociations au sein du Parti républicain, des mobilisations sociales. Pour l’heure, il propose à Poutine une coopération aux dépens notamment de l’Union européenne et de la Chine. Il recourt à la menace et au chantage vis-à-vis de grandes entreprises ou de chefs d’État (Mexique). Il donne la prééminence aux rapports bilatéraux sur le plan international : il espère pouvoir ainsi imposer sa loi à l’occasion de chaque face à face. Il fait de la brutalité, de l’arrogance, de la vulgarité et de la politique du tweet une marque de fabrique. Il agit comme si les États-Unis étaient tout puissants, ce qui est loin d’être le cas. Il risque de donner un tour pathologique à une crise de leadership mondial qui existait déjà sous Obama (mais dont ce dernier était au moins conscient).

Prendre la mesure de la place occupée par la Chine dans cette crise de leadership est un des enjeux de ce dossier.

Dossier réalisé par Pierre Rousset