Peinture : Les Malassis. Une coopérative de peintres toxiques (1968-1981)

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

L’Échappée, 2014, 32 euros

Un livre intéressant et bien documenté qui, dans le contexte de l’effervescence culturelle des années 60/70, relate en détail l’aventure un peu méconnue des peintres Les Malassis, les bien nommés, entre communisme et gauchisme, entre art et politique.
Dans la mouvance des mouvements radicaux pré-soixante-huitards souvent très éphémères en tant que collectifs, le groupe des Malassis se concrétise dans l’atelier populaire des Beaux-Arts autour des affiches de mai 68.

Issus de la radicalité des Salons de La Jeune Peinture, proches de la figuration narrative, ils s’en distinguent par le contenu très politique de leur œuvre : non pas partisans – ils sont loin du réalisme socialiste –, non pas une remise en cause de la peinture – comme le BMPT autour de Buren et Toroni qui recherchent le degré zéro de la peinture –, ni même des institutions de l’art comme le groupe Supports/Surfaces, mais critiques sans concession de la société pompidolienne policière et affairiste. Politique jusque dans la forme du groupement ; c’est un collectif qui existera pendant plus de 10 ans, un exploit, qui ne signe pas individuellement ses toiles démesurées, et qui ne les vend pas mais les loue...

Dérangeante et contestataire, l’aventure collective arrive au bout en 77 : avec « Les Affaires Reprennent », Henri Cueco, Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré et Gérard Tisserand (avec Christian Ziemert au début) vont s’autoriser à reprendre chacun leur chemin individuel.

Ugo Clerico

Exposition au Musée des Beaux-Arts de Dole jusqu’au 8 février 2015.

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