Royaume-Uni : Le dur réveil de Theresa May

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Contre tous les pronostics, non seulement la première ministre britannique n’a pas gagné de façon écrasante les élections législatives du 8 juin 2017, mais elle a perdu la majorité absolue dont les conservateurs disposaient au parlement…

Pour conserver son poste, elle a dû « acheter » le soutien du DUP (Parti démocrate unioniste), la formation nord-irlandaise protestante, homophobe, anti-avortement et favorable à la peine de mort, qui compte désormais dix députés au parlement de Westminster. Elle s’est ainsi gagné la haine de larges secteurs de la population britannique, tout en déclenchant une guerre sourde au sein de son propre parti.

Dans le numéro de mai de cette revue, nous avions traité de la situation politique en Grande-Bretagne après le Brexit et avant les législatives anticipées du 8 juin.1 Nous signalions alors que tous les sondages donnaient Theresa May largement gagnante. Les restes de l’appareil travailliste hérité de Tony Blair, qui avaient mené une bataille sourde contre Corbyn depuis son élection à la direction du parti, se frottaient les mains et montaient des plans afin de reprendre le contrôle du parti après la défaite écrasante qui lui était promise.

Au matin du 9 juin, tant les conservateurs que la droite du Parti travailliste se sont cependant réveillés avec dans la bouche un goût amer. Tout en ayant remporté ces élections d’une courte tête, les conservateurs y avaient subi une défaite d’ampleur. Non seulement on était loin de la victoire écrasante que May réclamait afin de pouvoir imposer ses conditions dans les négociations avec l’Union européenne, mais ils avaient perdu treize députés et étaient devenus minoritaires au sein de la Chambre des communes. Le Parti travailliste, même s’il n’avait pas gagné, sortait renforcé avec 32 députés supplémentaires.

Les partisans des conservateurs se demandent comment il est possible que leur parti – qui est au gouvernement depuis 2010 et avait gagné sans problème les élections de 2015, face à un Parti travailliste fragmenté et en crise et à un Parti libéral-démocrate quasi inexistant – se retrouve aujourd’hui à la tête d’un gouvernement minoritaire et contraint de passer des accords avec l’imprésentable DUP.

Theresa May n’est pas la seule coupable. La catastrophe a commencé lorsque David Cameron, le premier ministre conservateur de 2010 à 2016, a appelé en 2016 au référendum portant sur le fait de savoir s’il fallait rester dans l’UE ou la quitter. Son calcul était que le « rester » gagnerait facilement et que son secteur au sein du Parti conservateur en serait conforté.

La virulente campagne réactionnaire et anti-immigrés de l’UKIP (Parti de l’indépendance du Royaume-Uni, extrême droite) et de la droite du Parti conservateur était cependant parvenue à tromper des secteurs de la population qui souffrent le plus des conséquences des politiques d’austérité. Avec des arguments fallacieux, elle avait réussi à convaincre une partie des couches populaires que tous leurs maux étaient dus aux immigrés européens qui viennent travailler au Royaume-Uni sans avoir besoin de permis de travail, et qui « saccagent » les dispositifs de protection sociale.

En face, les secteurs du Parti conservateur et du Parti travailliste favorables au maintien dans l’Union européenne n’avaient mené qu’une bataille formelle, avec un Corbyn, historiquement opposé à l’UE, qui ne s’était engagé qu’à moitié. Les voix travaillistes s’étaient alors divisées entre le nord industriel, votant pour quitter l’UE, et les grandes villes se prononçant pour le maintien.2

 

Un gouvernement qui bat de l’aile

Le Parti conservateur a traditionnellement une attitude cruelle envers ses dirigeants qui se trompent. Ainsi, il n’avait pas hésité à provoquer la chute de Margaret Thatcher – alors remplacée par John Major – lorsqu’elle avait commis l’erreur politique de s’accrocher à la « poll tax ».3 Personne n’a donc été étonné de la démission de Cameron après son échec dans le référendum.

La seule raison pour laquelle Theresa May reste encore première ministre est qu’on ne lui a, pour l’instant, pas trouvé de remplaçant capable d’unifier les rangs conservateurs – même si beaucoup pensent que des dirigeants tels que Philip Hammond (ministre des finances) ou David Davis (ministre du Brexit), qui pourraient prendre sa suite, préfèrent que ce soit elle qui paie le prix de l’échec des négociations avec l’UE. Faire tomber le gouvernement May sans disposer d’une solution de rechange contraindrait les conservateurs à appeler à une nouvelle élection, avec le danger qu’elle soit remportée par Corbyn.

Mais l’affrontement au sein de l’appareil conservateur est public. A commencer par la rébellion de l’un de ses secteurs, opposé à l’« Accord de confiance et d’assistance » (Confidence and Supply Agreement) passé avec l’ultra réactionnaire DUP. Cet accord informel leur a garanti que le DUP voterait en faveur du « discours de la reine » (qui équivaut à un vote de confiance envers le gouvernement) et permettrait également l’adoption du budget. En outre, le DUP est censé apporter aux conservateurs la majorité nécessaire à l’adoption des accords sur le Brexit qui résulteront des négociations qui s’engagent avec l’UE.

Le DUP est le seul parti nord-irlandais à avoir pris position pour le Brexit, mais il défend en même temps la conception d’une frontière souple avec la République d’Irlande (membre de l’UE). En échange de ce soutien, Theresa May a abandonné certains des aspects les plus conflictuels de son programme – comme la suppression des aides au chauffage pour les retraités – et s’est engagée à verser à l’Irlande du Nord un milliard de livres sterling supplémentaire – soit 100 millions de livres par député du DUP, ou 540 livres par habitant de l’Irlande du Nord.

Grâce à cet accord, le gouvernement a pu faire repousser un amendement travailliste qui supprimait le plafond de 1 % fixé pour les augmentations de salaire des employés de l’Etat. Le mépris que cela traduit à l’égard des travailleurs du secteur public, dont les salaires ont été pratiquement gelés depuis le retour au pouvoir des conservateurs (ce qui n’a pas empêché les parlementaires de leur chanter des louanges pour leur professionnalisme et leur courage face aux attaques terroristes de Londres et  Manchester, ou à la tragédie de la Grenfell Tower4) contraste avec  l’« aide » accordée à une région qui, proportionnellement à sa population, reçoit déjà 21 % de  plus que le reste du Royaume-Uni. Ce deux poids, deux mesures a suscité un malaise non seulement dans les autres régions mais au sein du gouvernement lui-même.

Le coût politique de l’accord pourrait cependant être encore plus élevé. Les gouvernements de la République d’Irlande et du Royaume-Uni sont censés être des garants « neutres » de l’accord du Vendredi saint (signé en avril 1998 par les principales forces politiques nord-irlandaises) qui a mis fin à la guerre civile en Irlande du Nord. Ciaran McClean, un membre du Parti vert d’Irlande du Nord, a lancé une procédure en justice pour attaquer un accord qui viole ce principe de neutralité. Son opinion est partagée par de nombreux observateurs, parmi lesquels l’ex-premier ministre conservateur, John Major, qui estime que cet accord non seulement viole la neutralité mais aggrave la crise gouvernementale dans cette région.

Cela fait des semaines que les deux principaux partis d’Irlande du Nord – le DUP et le Sinn Fein, républicain indépendantiste –, qui partageaient auparavant le gouvernement, ne parviennent pas à former une nouvelle coalition. Le Sinn Fein accuse le DUP de refuser de négocier après son pacte avec le Parti conservateur. Si aucun accord de gouvernement n’aboutit en Irlande du Nord, la région reviendra sous la coupe directe du parlement et du gouvernement britanniques, ce qui serait pour le Sinn Fein une situation inacceptable.

Mais ce n'est pas tout. Une parlementaire travailliste, Stella Creasy, a présenté un amendement au discours de la reine demandant que les femmes d’Irlande du Nord – la seule région du Royaume-Uni où l’avortement reste illégal – puissent avorter gratuitement en Grande-Bretagne. Jusqu’à présent, sous la pression du DUP, les femmes nord-irlandaises qui vont avorter en Grande-Bretagne – où cette intervention est gratuite – doivent payer 900 livres sterling.

L’amendement de Creasy a reçu le soutien de 40 parlementaires du Parti conservateur, furieux de l’accord passé par May avec le DUP. Face à cette rébellion, le gouvernement s’est engagé à garantir la gratuité de l’IVG pour les femmes nord-irlandaises dans toute la Grande-Bretagne, raison pour laquelle Creasy a retiré son amendement. Immédiatement, les gouvernements autonomes d’Ecosse et du Pays de Galles ont annoncé qu’ils doteraient financièrement leur système de santé afin de permettre l’application sur leur territoire de ce droit pour les femmes d’Irlande du Nord. Ce qui a provoqué l’ire du DUP, déclarant qu’une telle question n’avait jamais fait partie de la négociation et qu’il s’opposerait à cette mesure, en menaçant y compris de rompre l’accord de gouvernement.

 

Corbyn et le Parti travailliste en embuscade

Pendant ce temps, Corbyn savoure sa nouvelle popularité. Un accueil de rock star au légendaire festival de Glastonbury (à la fin du mois de juin), où aucune personnalité politique n’avait jamais pris la parole, a témoigné du poids qu’il a acquis auprès de la jeunesse britannique. La même chose s’est produite lors de sa visite auprès des survivants de la Grenfell Tower, alors que Theresa May y avait été huée. Quant à son intervention (le 8 juillet 2017) lors de la 133e rencontre des mineurs de Durham – le rassemblement syndical le plus important en Europe –, elle a été suivie par 200 000 travailleurs enfiévrés, qui l’ont acclamé comme le futur premier ministre du pays.

Pendant la campagne électorale, le candidat travailliste s’est révélé comme une véritable bête de scène. Sous le slogan « For the Many, not the Few » (Pour le plus grand nombre, pas pour quelques-uns), Corbyn a regagné le soutien de la classe ouvrière aux travaillistes, avec un programme réformiste d’opposition à l’austérité conservatrice et aux contrats « zéro heure » ; en faveur de la renationalisation des chemins de fer et de la poste ; pour la gratuité des études universitaires ; en défense du service national de santé (NHS) et de la sécurité sociale ; et proposant de financer ces mesures par une augmentation de 5 % sur les impôts des plus riches.

Contre toute attente, il a dépassé May de 9 % dans le vote des travailleurs qualifiés, semi-qualifiés et des chômeurs, et est parvenu à faire réadhérer de nombreux anciens membres du Parti travailliste qui l’avaient quitté après le tournant à droite imposé par Tony Blair et le « New Labour ». Corbyn a également attiré un secteur des couches moyennes intellectuelles – pour la première fois de son histoire, le Labour a gagné l’élection à Kensington, le quartier le plus riche de Londres.

Mais le phénomène politique et social le plus frappant a été le soutien massif de la jeunesse, notamment des travailleurs de moins de 35 ans qui, jusqu’à présent, s’étaient toujours majoritairement abstenus. C’était justement l’un des facteurs qui faisaient douter les sondeurs : qu’allaient faire les jeunes ? Cette fois, ils ont non seulement pris part à la campagne mais sont allés voter en masse.

Le contraste était saisissant entre la campagne inodore et incolore de May – qui ne parvenait qu’à répéter, face aux quelques membres de son parti qui acceptaient de venir l’entendre, que le pays avait besoin d’« un gouvernement fort et stable » – et des meetings travaillistes de masse, où des milliers de personnes écoutaient avec ferveur un message de gauche.

Mais cette grande avancée a sa contradiction : la profonde division, au sein du parti, entre ceux qui sont en faveur de la sortie de l’UE – comme Corbyn et ses partisans – et les représentants de l’appareil « blairiste ». Pendant la campagne, les travaillistes n’ont pas dit, sur la question du Brexit, davantage que des généralités. Et le vote de la confiance envers le gouvernement de May a montré les résistances qui existent, au sein du parti, face à la ligne de Brexit « soft » et négocié proposée par Corbyn.

Un membre de son « cabinet fantôme » (la réplique de gouvernement que constitue traditionnellement l’opposition) a ainsi soumis au vote un amendement au discours de la reine proposant que l’on ne quitte pas l’UE avant d’être parvenu à un accord ; qu’il y ait des garanties pour que le parlement puisse voter sur le résultat final des négociations ; et que l’on fasse des propositions en vue de demeurer au sein de l’union douanière et du marché unique.

Cet amendement, sauf son dernier point, n’étant pas contradictoire avec les positions officielles du parti, Corbyn a appelé à s’abstenir. L’amendement a recueilli 101 voix, soit celles de 49 travaillistes – dont trois ministres du cabinet fantôme – et des membres de tous les autres partis d’opposition (SNP écossais, démocrates-libéraux, Plaid Cymru du Pays de Galles, ainsi qu’un indépendant et l’unique représentante du Parti vert).

Corbyn a immédiatement évincé les trois « rebelles » de son cabinet fantôme. Momentum – le mouvement de base et de gauche qui a soutenu sa campagne et est sorti notablement renforcé de tout ce processus – vient de lancer une campagne pour retirer l’investiture travailliste aux députés « rebelles », sauf s’ils acceptaient de revenir sur leur position et de suivre la ligne impulsée par Corbyn. De leur côté, les mineurs de Durham ont interdit aux « rebelles » de monter à la tribune de leur rassemblement du 8 juillet.

 

« Cela n’est pas possible… »

Theresa May peut, pour l’instant, respirer. Le discours de la reine a été approuvé avec une majorité de 14 voix, les deux amendements travaillistes ayant été repoussés. Il est significatif qu’aucun des parlementaires conservateurs qui s’opposent à la ligne du Brexit « dur » de Theresa May n’ait voté en faveur de l’amendement portant sur ce point. Cela illustre le fait que le Parti conservateur n’est pas encore prêt à faire tomber ce qui est aujourd’hui son gouvernement.

Mais pendant ce temps, la fronde continue. Au début du moins de juin ont été publiés plusieurs rapports officiels confirmant que les salaires, en termes réels, ont chuté de 6 % depuis dix ans, certains secteurs – notamment celui des travailleurs de l’Etat – ayant subi des pertes encore plus importantes. La limite de 1 % imposée à l’augmentation des salaires des fonctionnaires lorsque l’inflation était nulle se traduit maintenant, alors que celle-ci est de 3 % annuels, en une véritable baisse. Le ministre des finances, Philip Hammond, est maintenant confronté à des hauts-fonctionnaires de son propre ministère qui protestent contre le non réajustement de leur salaire.

Mais le problème principal réside dans la façon de résoudre une grande contradiction. Tout le monde ou presque accepte le fait qu’après le référendum, le Royaume-Uni va quitter l’Union européenne. Mais dans quelles conditions ? Un large secteur de la population, tout comme de la bourgeoisie britannique (et même, selon la toilette arborée lors du discours d’intronisation du nouveau gouvernement, la reine Elizabeth II elle-même), est maintenant défavorable à une rupture « dure ». Mais le secteur conservateur qui soutient Theresa May continue à penser que « mieux vaut pas d’accord du tout qu’un mauvais accord ». Et après les dernières élections, son poids s’est accru au sein du groupe parlementaire du parti.

Selon May et ses partisans, il serait possible de maintenir les avantages dont le Royaume-Uni bénéficie en tant que membre de l’Union européenne, tout en la quittant. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE, s’est adressé à eux le 6 juillet : « j’ai entendu que certains au Royaume-Uni disent qu’ils pourraient quitter le marché unique et conserver ses avantages. Cela n’est pas possible. »Il a ajouté que dans le cas d’un Brexit « dur », le pays retournerait au statut qui était le sien avant son entrée dans la Communauté européenne (prédécesseur de l’UE), ce qui créerait des difficultés supplémentaires pour les deux parties, mais surtout pour le Royaume-Uni. « Le Conseil et le parlement européens ont été très clairs sur ces points. Mais je ne suis pas sûr que cela ait été compris dans toutes ses conséquences de l’autre côté de la Manche ».

Philip Hammond, le principal défenseur du Brexit « soft »  au sein du gouvernement, l’a en tout cas très bien compris. Tout comme la Confédération de l’industrie britannique (CBI, la principale centrale patronale), la Fédération des employeurs de l’industrie, la Chambre de commerce britannique et la Fédération des petites entreprises.

Hammond a déclaré : « ce que je voudrais rappeler à mes collègues, c’est que si nous perdons notre accès aux marchés européens, il y aura des effets instantanés, et que les gens qui attendent de nous que nous protégions les emplois, la croissance économique, le niveau de vie, ne nous remercierons pas de leur imposer une mesure avec des effets négatifs immédiats qui ne pourront être compensés que progressivement et sur le long terme. C’est la préoccupation que nous devons avoir à l’esprit. »

Les représentants des patrons britanniques se sont plaints de l’intransigeance de May et ont fait pression sur le gouvernement pour qu’il recherche un accord de prolongation des négociations – qui doivent normalement prendre fin en mars 2019 –, en maintenant dans l’intervalle le statut actuel. C’est la position unifiée qu’ils ont présentée à David Davis lors de la réunion que celui-ci a organisée afin de discuter les plans de Brexit.

La principale inconnue est cependant de savoir jusqu’à quand le gouvernement pourra imposer aux travailleurs de se serrer la ceinture. De nombreux analystes s’accordent à dire que la grande réussite de Corbyn est d’avoir axé sa campagne contre l’austérité et non sur le Brexit, alors que l’une des raisons de l’échec des conservateurs a justement été la forte augmentation de la pauvreté.

Selon l’Office national des statistiques, qui recense les grèves depuis 1891, les dix dernières années, en particulier 2015 et 2016, ont vu les niveaux de conflictualité sociale les plus bas de l’histoire. Les directions syndicales se plaignent – tout en éludant leurs propres responsabilités dans cette situation – de ce que les destructions d’emplois stables, la prolifération des contrats « zéro heure » et de l’« auto-entreprenariat » ont fait baisser le nombre des travailleurs syndiqués et rendu plus difficile le lancement de grèves (déjà fortement contraint par les lois antisyndicales thatchériennes, conservées pour l’essentiel sous le blairisme). Certes.

C’est pourquoi la question des questions est bien de savoir si la radicalisation politico-électorale qui se fait jour autour de la direction Corbyn du Parti travailliste va dans les prochains mois se traduire et transposer, ou non, dans une revitalisation des mobilisations sociales à la hauteur des enjeux.

 

Virginia de la Siega

 

  • 1. « Brexit : rêves et réalités », revue l’Anticapitaliste n° 87, mai 2017.
  • 2. Pour une analyse plus détaillée, voir « Brexit : rêves et réalités ».
  • 3. La « poll tax » était une « capitation », impôt local par tête égal pour tous les habitants, quels que soit leur situation et leur revenu. Mis en place – d’abord en Ecosse – par Thatcher en 1990, il a provoqué en retour d’immenses manifestations, tournant souvent à l’émeute et menaçant la stabilité du gouvernement. Le Parti conservateur avait demandé à Thatcher d’y renoncer puis, devant son obstination, l’a démise.
  • 4. L’incendie, le 14 juin 2017, d’une tour de logements sociaux à Londres, qui a fait plus de 80 victimes. La Grenfell Tower avait été récemment rénovée avec l’utilisation, pour des raisons de coûts, de matériaux hautement combustibles.