Après le Brexit et le départ de Cameron : unité pour transformer la révolte contre le pouvoir

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

 

Avertissement : Cet article de Charlie Kimber reflète la position du Socialist Workers Party. Une partie de la gauche radicale britannique se reconnait au contraire dans une position favorable au maintien. Voir en particulier le site de Socialist Resistance et l’article publié sur notre site.

 

David Cameron a démissionné, et le vote de sortie au référendum sur l’UE ont plongé le parti Conservateur, ainsi que les pouvoirs britannique et européen, dans une crise profonde.

Le pari désespèré de Cameron a échoué, son parti est coupé en deux.

La Livre et les marchés s’effondrent et les “maîtres de l’univers” ont senti une piqûre de rejet.

Bien que le “Non” aie eu le soutien des Conservateurs, du Labour, du SNP, de Plaid Cymru, des libéraux démocrates, des Verts, du Sinn Fein, que pratiquement tous les patrons et les personnalités de la finance, des milliers de grands dirigeants d’entreprises et les dirigeants de dizaines d’Etat tels que les Etats-Unis, plus de la moitié des votants ont validé la sortie.

Il est temps pour tout le monde, à gauche, et pour tous les antiracistes, quel que soit leur vote, de s’unifier et de se battre contre l’austérité, la destruction des services publics, les attaques contre les réfugiés, l’islamophobie et les fascistes qui ont créé les conditions du meurtre de Jo Cox.

Les politiciens, les riches et les puissants qui sont habitué à ne défendre que leurs intérêts ont subi un revers massif.

 

Révolte

Simplement comme dans ton de parties du monde, il existe une révolte croissante contre les dirigeants de la société. Cela peut être conduit vers la gauche ou vers la droite. C’est notre rôle de le façonner.

La droite va tenter d’utiliser le Brexit pour approfondir le racisme. C’est un danger, mais il est loin d’être inévitable. C’est un mensonge que les millions de travailleurs qui ont voté pour le Brexit sont tous racistes. Le courant dominant dans la campagne pour le Brexit a été les forces racistes et de l'hideuse extrême droite, mais une grande partie des votes pour le Brexit a été très différente.

Un sondage réalisé juste avant le vote a montré que la majorité des votants pour le Brexit pensaient que l’immigration avait un impact positif ou aucun impact sur les endroits où les immigrés vivent. Et la moitié pensaient que l’immigration a été dans son ensemble positive pour la Grande-Bretagne.

Un autre sondage a montré qu’un tiers des votants pour le Labour aux élections générales de 2015, et un tiers des votants pour les Verts revenaient vers le Brexit.

Il y a des sondages qui montrent la profondeur de l’amertume et de la frustration partout en Grande-Bretagne.

Le vote pour le Brexit a été pour un grand nombre le rejet d’une Union européenne antidémocratique, et pro patronale, et des élites politiques de Grande-Bretagne. La révolte contre les riches et le pouvoir doit être construire.

 

Démocratie

Il est tragique que la Labour n’est pas soutenu le Brexit. S’il l’avait fait, cela aurait bouleversé le débat bien plus sur la démocratie, la rupture avec l’austérité la résistance au contrôle par les entreprises que sur le racisme.

A la place, en faisant campagne aux côtés des Tories pour le Maintien, les députés du Labour se sont coupés de secteurs substantiels du monde du travail.

Pendant la campagne, de nombreuses figures dirigeantes du Labour, depuis Tom Watson et Ed Balls jusqu’à John McDonnel et Len McCluskey ont remis en question le droit des citoyens de l’Union européenne à venir en Grande-Bretagne.

Jeremy Corbin n’a pas fait ça. Il devrait maintenant appeler largement à des actions contre l’austérité et le racisme, et proposer que les dirigeants syndicats fassent de même. C’est le meilleure possibilité pour contraindre à des élections générales et il dit que le Labour est prêt pour cela.

Socialist Worker a mené compagne pour un vote pour le Brexit sur une base antiraciste, anti-austérité et socialiste. Nous nous félicitons que le Brexit ait gagné. Nous savons que le #Lexit, la campagne pour une sortie de gauche à laquelle nous avons participé a eu un effet marginal.

Mais nous avons réussi à faire exister une voix anticapitaliste pour le vote de Sortie qui ne flatte pas le racisme.

 

Racisme

Nous reconnaissons que une partie importante de ceux qui ont voté pour le Maintien l’ont fait parce qu’ils considéraient que c’était la meilleure façon de combattre le racisme de Nigel Farage et Boris Johnson.

D’autres étaient persuadés que le l’UE est favorable aux droits des travailleurs et qu’un vote de Sortie renforceraient la droite.

Nous ne sommes pas d’accord, mais il est crucial que tout le monde, à gauche, s’unifie pour faire tomber les Conservateurs et combattre le racisme.

Nous devons nous rassembler dans les batailles contre le racisme, l’islamophobie et pour le soutien aux réfigués, pour construire une manifestation contre la conférence Tory à Birmingham le 2 octobre, pour soutenir la grève des enseignants en Angleterre et tous les autres grèves, défendre le service public de santé, combattre la dégradation de l’environnement et et plus encore.

Nous ne devons pas laisser les Conservateurs récupérer, et nous devons combattre pour cette crise se termine par la fin de la droite et le renforcement de la gauche antiraciste.

En ces temps de crise, des actions sont nécessaires, pas de simple déclarations. Plus il y aura de grèves, de protestations, d’occupations, meilleure sera l’issue de ce vote pour la Sortie.

Nous disons: “dehors les Conservateurs, dehors l’austérité, bienvenue aux migrants, des élections générales maintenant!”.

 

Traduction Antoine Larrache 

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