Il y a 150 ans, la Première Internationale : « Sauvons-nous par la solidarité ! »

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Dossier réalisé par la commission nationale formation du NPA

Le 28 septembre 1864, l’Association internationale des travailleurs (AIT)...
La Première Internationale fut proclamée lors d’un meeting tenu à Londres en solidarité avec les insurgés en Pologne. Le meeting était situé dans la continuité d’une série d’initiatives visant à renforcer les liens entre ouvriers de tous les pays. Les syndicalistes anglais, en particulier, avaient été plusieurs fois confrontés au recours à des ouvriers continentaux pour briser les grèves qui les opposaient aux patrons anglais. Empiriquement, ils en avaient déduit la nécessité de se doter d’un regroupement international permettant de battre en brèche cette mise en concurrence à l’échelle internationale.
La réunion regroupa donc des militants ouvriers italiens et français, des syndicalistes anglais, des communistes allemands (dont Marx), des socialistes italiens, etc. Le mutuelliste français Tolain défendit le projet d’une nouvelle association présentée par les Anglais au cri de « Sauvons-nous par la solidarité ! ». Ce projet fut adopté par acclamation et doté d’un Conseil général regroupant les principaux initiateurs du projet.

Inutile d’insister sur l’extrême hétérogénéité des positions défendues par ces divers militants. Le principal clivage se situait entre collectivistes, partisans de l’appropriation collective des moyens de production, et mutuellistes, surtout influencés par Proudhon, et partisans d’un système coopératif.

En tout cas, ces militants réussirent à dépasser leurs divergences pour fonder l’AIT, définie dans ses statuts comme « un point central de communication et de coopération entre les ouvriers de différents pays ». Fait décisif, son adresse inaugurale affirmait l’objectif de « conquête du pouvoir politique », « devenue le premier devoir de la classe ouvrière », pour en finir avec le salariat, l’exploitation capitaliste.

Pascal Morsu

Qui était membre de l’Internationale ?
Au troisième quart du 19e siècle, les rapports capitalistes se répandent en Europe, mais le prolétariat, dont femmes et enfants constituent près de la moitié, est très hétérogène : paysans travaillant selon la saison ou les besoins à la mine, la manufacture ou à domicile ; artisans passant au gré de la conjoncture du statut d’employeur à celui de salarié ; tisserand ou mineur salariant leurs aides... Les conditions de travail sont très dures, et la précarité fait planer le spectre de la misère.

Au début des années 1860, les lois encadrant les associations se font plus souples. Le mouvement ouvrier commence à se structurer. Malgré la répression, les vieilles corporations ont donné naissance au syndicalisme anglais, au mutuellisme français ou belge. Partageant une même volonté d’émancipation, militants ouvriers, socialistes, intellectuels se rencontrent en exil, à Bruxelles, à Londres ou en prison.
Première puissance commerciale, la Grande-Bretagne, l’atelier du monde, devient majoritairement urbaine au milieu du siècle. À l’instar des mécaniciens ou des charpentiers, les trade-unions se fédèrent, organisent des ouvriers qualifiés, gèrent leurs caisses de secours, négocient avec le patronat et utilisent l’arme de la grève. En 1860, suite à une longue grève du bâtiment, se constitue le London Trade Council qui organise la solidarité internationale et défend la journée de 9 heures.
Dans ce qui va devenir l’Allemagne, le parti créé par Ferdinand Lassalle défend un corporatisme appuyé sur l’État et une unification sous l’égide de la Prusse. August Bebel, ouvrier devenu journaliste, et Wilhelm Liebknecht, ancien de 1848 et de la Ligue des communistes, fondent, avec le réseau monté par Johann Philipp Becker, réfugié à Genève après 1848, l’Union des associations ouvrières allemandes, qui adopte les thèses de l’AIT en 1867.

Une solidarité effective
La France est un pays encore majoritairement rural. L’industrie est liée à la campagne, les fabriques s’alimentent souvent en travail dans la campagne environnante. C’est après la Commune de 1871 que les ouvriers d’industrie se mettront en lutte, se dégageant de la tutelle patronale et paternaliste.
À l’instar de Varlin, les militants, influencés par les écrits de Proudhon ou de Charles Fourier, prônent l’association comme principe d’émancipation. Les internationaux montent une section qui, sans être légale, sera tolérée jusqu’en 1868. Outre l’agitation et le travail de conviction, ils défendent la solidarité et diffusent dans la presse les avis à ne pas jouer les briseurs de grève et de collecte.
Ainsi, les ouvriers bronziers de la capitale avaient leur Société de crédit mutuel et de solidarité, qui cache une assurance chômage et passe de 3 000 à 6 000 adhérents de 1865 à 1867. Son bureau est entièrement composé d’internationaux. En 1867, leurs patrons organisent un lock-out, refusant de réintégrer les ouvriers adhérents. La grève est décidée et le bureau parisien organise la solidarité, envoyant même une délégation à Londres qui revient avec un don des trade-unions. Victorieuse, cette grève est la première d’une série que soutiendra l’AIT.
En 1868, en Belgique, l’armée tire sur des grévistes de Charleroi. L’AIT organise des collectes et prend en charge les familles des tués, blessés et prisonniers ainsi que leur défense, ils seront acquittés. Les militants bruxellois animent plusieurs meetings chaque dimanche impulsant des sociétés de résistance et la solidarité.
La même année à Genève, la grève des ouvriers du bâtiment pour une réduction du temps de travail fait plier les patrons, et ici aussi, l’appui des militants locaux et de l’Internationale aura été décisif.
Cette solidarité effective, dans une période de montée des luttes, vaudra à l’AIT et à ses sections reconnaissance et ralliement de nombreuses associations ouvrières.

Laurent Braussaud

Eugène Varlin, l’ouvrier relieur autodidacte
En 1857, Varlin a 18 ans et participe à la création sous égide patronale de la Société de secours mutuels des relieurs. Il devient contremaître et suit divers cours où il côtoie de futurs fondateurs de l’Internationale comme Tolain, Theisz ou Limousin.

En 1864, il dirige une grève des relieurs de trois semaines revendiquant les 10 heures (au lieu de 12), l’augmentation des heures supplémentaires et l’abolition du travail de nuit. Cette grève est victorieuse mais ses acquis sont vite rognés par les employeurs, et en 1865 une nouvelle grève sera défaite. Varlin et ses camarades sont débauchés et exclus de la Société de secours.
Il adhère alors au Crédit au travail qui regroupe jusqu’à quelques milliers d’adhérents de toutes professions dont de nombreux internationaux et participe à la création de la Société d’épargne et de crédit mutuels des relieurs de Paris qui couvre une caisse de grève, de la Caisse du Sou interprofessionnelle, et de coopératives dont une cantine.
Début 1865, il intègre l’AIT,et fait adhérer à celle-ci les organisations où il s’investit. Au congrès de Genève, il défend le principe d’une éducation socialisée et l’amélioration des conditions de travail des femmes, contre la délégation française hostile à leur présence dans l’atelier mais favorable à une éducation familiale...
Il anime la commission ouvrière issue de la délégation à l’Exposition universelle de 1867. Élue par les métiers parisiens, cette commission s’impose comme porte-parole des revendications ouvrières et impulse la création de nouveaux syndicats, de chambres fédérales et, à Paris, de sections locales.
En 1868, le Bureau parisien de l’AIT est condamné à 3 mois de prison. Lors du procès, Varlin déclare : « Si, devant la loi, nous sommes, vous des juges et nous des accusés, devant les principes nous sommes deux partis : vous le parti de l’ordre, et nous le parti des réformateurs, le parti socialiste. Mettez le doigt sur l’époque actuelle, et vous y verrez une haine sourde entre la classe qui veut conserver et celle qui veut conquérir ». (1)
Acteur majeur de la Commune, il sera fusillé lors de la Semaine sanglante.
L.B.
1 – Cité par Jacques Droz dans l’Internationale Ouvrière de 1864 à 1920.

Louis-Auguste Blanqui : profession « prolétaire »
Louis-Auguste Blanqui comprend dès 1830 que les bourgeois radicaux ne prennent la tête des révolutions que pour en réprimer les aspirations populaires. En 1848, il anime clubs et mobilisations, et devient l’ennemi intime de la réaction. Dans la clandestinité, il organise des sociétés secrètes comme la Société des saisons, prêtes à soutenir l’insurrection et lui assurer une direction populaire, la dictature du prolétariat.

Dans les années 1860, il influence de jeunes intellectuels radicaux comme Lafargue, Vaillant ou Clemenceau. Ils se diviseront sur l’adhésion à l’Internationale. Opposé à Proudhon jugé chauvin, Blanqui n’y voit que « parlote entre confrères et compères ».
Il est emprisonné à la veille de la Commune, et Thiers refuse de l’échanger contre des otages. Blanqui passa 35 ans en prison...
L.B.

Marx/Proudhon : collectivistes contre mutuellistes
Si l’on peut dire aujourd’hui que les débats de d’AIT (1) opposaient les marxistes aux anarchistes, à l’époque, ils ne sont pas vécus comme cela. Marx est très peu connu en dehors de l’Allemagne, le courant anarchiste se constituera après. S’affrontent dans les premières années les courants, organisations, militants qui défendent des solutions collectives, les collectivistes, à ceux qui prônent le développement de sociétés coopératives, les mutuellistes.

Dans l’adresse inaugurale largement écrite par Marx, la place du mouvement coopératif, des manufactures « crées par l’initiative isolée de quelques bras entreprenants » est abordée assez précisément. « La valeur de ces grandes expériences sociales ne saurait être surfaite. Elles ont montré dans les faits, non plus par de simples arguments, que la production sur une grande échelle et au niveau des exigences de la science moderne pouvait se passer d’une classe de patrons employant une classe de salariés (…). En même temps (…) si excellent qu’il fût en principe, si utile qu’il se montât dans l’application, le travail coopératif, limité étroitement aux efforts accidentels et particuliers des ouvriers, ne pourra jamais arrêter le développement, en proportion géométrique, du monopole, ni affranchir les masses, ni même alléger un tant soit peu le fardeau de leurs misères. (...) La conquête du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvrière ».
Il faudra quatre années de débats pour que cette conception soit majoritaire contre les militants français influencés par Proudhon qui défendaient le projet mutuelliste. Proudhon ne sera jamais membre de l’Internationale (il meurt en 1865), et n’a jamais été membre d’aucune organisation ni action collective. Pour lui, l’amélioration de la situation des ouvriers ne vient pas de la grève, de la lutte économique, encore moins de la lutte politique, de l’action révolutionnaire, mais de la transformation des ouvriers en propriétaires, en producteurs indépendants, liés par un contrat social, le mutuellisme. Ces thèses séduisent les ouvriers qualifiés qui y voient la possibilité d’exercer concrètement leur autonomie, sans se vendre à un patron, en coopérant de manière autonome par métiers.

Émancipation sociale, émancipation politique...
Mais le poids des syndicalistes anglais et la multiplication des grèves en Europe dans les années 1867-1868 change la situation. À partir de 1868 le point de vue des collectivistes prédomine, qui affirme que les coopératives ne sont pas le moyen de changer la société, mais la préfiguration du socialisme, qui adopte le principe de la collectivisation des mines, chemins de fer, canaux, voies télégraphiques et forêts.
En parallèle se mène la discussion sur l’importance de la grève, l’entraide internationale et le rôle des syndicats. Les proudhoniens, comme Proudhon lui-même, s’élèvent contre les grèves, le seul salut étant dans la coopération. Là aussi, c’est en 1868 qu’est reconnue la légitimité et la nécessité de la grève, y compris avec son cortège de violences, et l’importance de l’organisation de syndicats.
Le texte répond à la fois aux proudhoniens et aux syndicalistes purs : « Les syndicats ont été et sont encore des centres d’organisation pour la classe ouvrière. S’ils sont nécessaires pour la guerre de partisans entre le capital et le travail, ils sont encore plus importants comme facteur d’organisation pour la suppression du régime salarial lui-même. Par malheur, les syndicats ne sont pas encore complètement rendus compte de cette tâche. (…) C’est pourquoi ils se sont tenus et se tiennent encore trop à l’écart des mouvements généraux et politiques ».
Ces débats se concrétisent par l’adoption d’une résolution déclarant que « l’émancipation sociale des travailleurs est inséparable de leur émancipation politique » et que « l’établissement des libertés politiques est une mesure première d’une absolue nécessité ».
Patrick Le Moal
1 – Entre 1864 et 1872, l’AIT tient chaque année une conférence ou un congrès, durant plusieurs jours.

Marx/Bakounine : quel rôle pour l’État, quel parti ?
Pour tous les collectivistes, c’est par l’action collective, la lutte économique et politique, qu’il faut collectiviser les richesses. Qui va gérer ces biens collectivisés ? Le débat va vite devenir intense, entre les anti-étatiques et les collectivistes « marxistes », de même que sur la question des formes de l’organisation politique.

Les proudhoniens marginalisés, apparaissent deux autres courants. Organisé sur le schéma des sociétés secrètes strictement délimitées, le courant blanquiste rejoint l’AIT en y défendant une perspective clairement politique. Pour réaliser l’émancipation des travailleurs, la bourgeoisie doit être débarrassée de son privilège politique au moyen duquel elle maintient tous les autres, et le prolétariat dans une période de dictature révolutionnaire utilise les mêmes armes, fait table rase de ces privilèges, avant que la dictature du prolétariat cesse comme étant sans objet.
Le second courant est organisé par Bakounine, militant anti-autoritaire impliqué dans toutes les luttes sociales et politiques européennes. Pour entraîner « la grande masse populaire souffrante, travaillante, ignorante, résignée par la tradition et la nécessité », il prône la constitution d’une direction diffuse constituée d’une « infime minorité d’hommes intelligents, sincères, passionnément dévoués à la cause de l’humanité, se dévouant à elle jusqu’à la mort » (1). L’affrontement entre ce dernier courant et Marx va dominer les derniers congrès de l’Internationale.

Comment conquérir le pouvoir politique ?
Marx combat les méthodes des partisans de Bakounine qui « prétendent représenter le courant le plus avancé, le plus extrême ». Pour Marx, la notion de parti est associée au mouvement réel du prolétariat, et la lutte politique, loin de se cantonner à la forme politicienne du jeu parlementaire, est la lutte pour des droits sociaux, comme la revendication de la journée de 8 heures. Le prolétariat ne peut agir comme classe « qu’en se constituant lui-même en parti politique distinct, opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes », et cette constitution est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution, l’abolition des classes.
Avec la question de la « dictature du prolétariat », de nouvelles divergences vont apparaître. Marx avait écrit dans le Manifeste communiste en 1848 que le prolétariat devait pour s’émanciper se constituer en « classe dominante ». Dans cette approche, l’État sert d’instrument conduisant à la disparition des classes. L’expérience de la Commune l’amène à préciser ce point. Il constate que la Commune de Paris de 1871 ne se contenta pas de prendre telle quelle la machine de l’État et de la faire fonctionner pour son propre compte, mais avait mis en place une forme politique d’État spécifique, fondée sur l’organisation des producteurs et la démocratie de masse. C’est alors qu’apparaît le concept de dictature du prolétariat.
Cette question de la stratégie de prise du pouvoir et du devenir de l’État va diviser l’AIT. Si les deux positions veulent la destruction de la société bourgeoise et la révolution sociale, elles sont en désaccord sur les moyens pour arriver à ce but. Bakounine propose la destruction de l’État dans le processus révolutionnaire. Marx défend la mise en place de la « dictature révolutionnaire du prolétariat », « forme politique enfin découverte sous laquelle l’émancipation économique du travail pouvait être réalisée ». Du coup, la conquête du pouvoir politique est le grand devoir du prolétariat. Cette notion de « dictature du prolétariat » est évidemment bien éloignée de celle qui est comprise depuis la catastrophe stalinienne et les dictatures bureaucratique s’en réclamant...
Conception du parti et moyens de la révolution... Les divergences sont telles que l’AIT disparaîtra en 1872.
P.L.M.
1  – Cité par Mathieu Léonard dans L’émancipation des travailleurs – une histoire de la Première Internationale, la Fabrique, 2011, p. 131.

Vive l’Internationale !
«  Ce qui fait l’originalité de l’Internationale, c’est qu’elle a été créée par les travailleurs eux-mêmes. Avant la fondation de l’Internationale, toutes les diverses organisations étaient des sociétés fondées pour les classes ouvrières par quelques radicaux issus des classes dominantes. En revanche, l’Internationale a été créée par les travailleurs eux-mêmes » (Marx).

Sans organisation, la classe ouvrière est un matériel brut, matière première de l’exploitation capitaliste – une classe « en soi ». C’est son organisation qui lui permet de devenir sujet actif de la lutte de classe, classe « pour soi ». En ce sens, le rôle de l’AIT, véritable accoucheuse du mouvement ouvrier moderne, a été décisif.
Ce processus ne put se faire que grâce à un travail de clarification idéologique patient, qui aboutit à assurer aux collectivistes, partisans de l’appropriation collective des moyens de production, la suprématie au sein du mouvement. Avant l’AIT, des questions aujourd’hui évidentes, comme le rôle des grèves (combattues par Proudhon ou Owen), ou la nécessité de l’action politique indépendante des travailleurs, n’avaient rien d’évident.
Mais il ne s’agit pas que d’idées. En 1871 eut lieu cet événement inouï que fut la prise du pouvoir par la population ouvrière de Paris. Indiscutablement, la Commune, premier gouvernement ouvrier de l’histoire, était « intellectuellement » fille de l’Internationale comme l’écrivit Engels. Il suffit d’appréhender le nombre d’internationaux qui participèrent à sa direction pour le mesurer.

Nécessairement hétérogène (l’AIT n’était évidemment pas « marxiste »), donc fragile, l’Internationale ne survécut pas à la Commune. Mais dès 1871, elle put lancer un appel à constituer des partis indépendants pour les ouvriers. Cet appel ne resta pas lettre morte. Partout dans le monde, se constituèrent alors des partis ouvriers, permettant à la classe exploitée d’exister sur le terrain politique. Et la Deuxième Internationale (socialiste), constituée en 1889, reprit le travail là où l’avait laissé l’AIT.
Célébrer l’AIT, c’est célébrer un mouvement qu’elle inaugura et qui lui survit jusqu’à nos jours : le mouvement ouvrier, celui de la résistance séculaire des travailleurs à l’exploitation capitaliste, pour une société sans classes.

P.M.

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