Quelques mots d’Alain Krivine sur Henri Weber

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Autre cofondateur de la JCR puis, quelques années plus tard, de la Ligue Communiste, Henri Weber fut un de mes meilleurs camarades. Présent dès le début de la crise de l'UEC, il a participé activement à la direction de tous nos combats jusqu'à son départ, sur la pointe des pieds, au début des années quatre-vingt. Excellent organisateur, y compris en matière de service d'ordre, Henri était également passionné par les débats théoriques : il n'hésitait pas à prendre la plume pour synthétiser et, parfois, enrichir les travaux d'actualisation du marxisme. C'était, entre autres choses, un grand admirateur d'Ernest Mandel. Mais il était profondément agacé par le manque de rigueur organisationnelle de la Ligue. Une tare qui, a ses yeux, empêchait de faire fructifier nos richesses. Toujours à la recherche de coups médiatiques, il nous proposa un jour, de louer des éléphants à un cirque pour les mettre en tête de notre cortège à une manifestation du 1er Mai. Son départ de la Ligue, en 1980, n'a pas été le produit d'une divergence politique assumée, mais la conséquence d'une lassitude et d'une perte progressive de confiance dans les capacités de la Ligue à sortir de la marginalité.

(extrait de Ça te passera avec l’âge, Flammarion, 2006)

 

 

 

 

 

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