« La Commune n’est pas morte ! »

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Il y a cent soixante-six ans, le 26 mars 1871, eurent lieu les élections au Conseil général de la Commune de Paris. Ces élections venaient après l’insurrection populaire du 18 mars. Un anniversaire à méditer en ces temps électoraux...

L’assemblée élue comprenait 25 ouvriers (environ 30 % de l’effectif total), 12 artisans, 4 employés, 6 commerçants, 3 avocats, 3 médecins, 1 pharmacien, 1 vétérinaire, 1 ingénieur, 1 architecte, 2 artistes peintres et 12 journalistes. En dehors de la sur-représentation des journalistes, le Conseil de la Commune représentait donc assez fidèlement ce qu’était la population parisienne. Avec une limite essentielle : l’absence des femmes, encore écartées du droit de vote, même si elles participèrent activement à la Commune. 

Cette population pouvait aussi se retrouver dans de nombreux lieux (chambres syndicales, clubs, comités de femmes) pour discuter de la situation, proposer des solutions, aider l’administration communale, mais aussi faire pression sur les élus. « Quand nous pourrons avoir les yeux partout où se traitent nos affaires, partout où se préparent nos destinées, alors, mais alors seulement, on ne pourra plus étrangler la République. » Ainsi se faisaient entendre les aspirations populaires et se discutait la mise en place d’un nouvel ordre social.

Dans une déclaration publiée le 19 avril 1871, la Commune proclamait : « La Révolution communale, commencée par l’initiative populaire du 18 mars, inaugure une ère nouvelle de politique expérimentale, positive, scientifique. C’est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la patrie ses malheurs et ses désastres. »

Au fil des scandales, la 5e République révèle de plus en plus sa réalité, celle « des loups, des cochons et des sales chiens de la vieille société », pour reprendre les termes utilisés par Marx en 1871 pour caractériser les ennemis de la Commune. C’est avec ce système qu’il faut en finir, radicalement.

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