Film : Timbuktu

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Abderrahmane Sissako, Avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki et Abel Jafri. Sortie le mercredi 10 décembre. 

Un groupe d’islamistes armés envahit une ville du nord Mali à la population mêlée, et y imposent leur ordre. Le film d’A. Sissako donne à voir, et c’est son grand intérêt, ce que représente dans le quotidien de la population locale l’oppression par les jihadistes.

Il ne s’agit pas ici de prise d’otage, mais d’habitants aux prises avec des gens qui ne parlent pas toujours leurs langues (même entre eux, ces jihadistes ont des problèmes de compréhension), détruisent leur statues traditionnelles, interdisent les cigarettes, la musique et le foot, obligent les femmes à porter des gants (y compris la marchande de poissons), définissent une règle de bonne longueur des pantalons des hommes et organisent des mariages forcés...

Ils ont leur tribunal qui condamne à recevoir des coups de fouet ou à mort, y compris par lapidation. La parole de l’imam local, qui leur dit qu’ils discréditent l’islam, leur importe peu : ils ont les armes et ce qu’ils pensent être la vraie religion. Une famille de nomades installée près de la ville (et de plus en plus seule car les gens fuient la région) va être anéantie.

Le film n’est jamais pesant. Il y a des moments de respiration où le ridicule, voire l’hypocrisie, des jihadistes s’étale, et d’autres moments où s’affirme la résistance de la population à l’absurdité. Quelques plans peut-être trop esthétiques ne contrebalancent pas les qualités du film. à voir.

Henri Wilno

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