Exposition : Chicano Dream. La collection Cheech Marin (1980 – 2010)

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Jusqu’au 26 octobre au musée d’Aquitaine (Bordeaux)

L’exposition présente soixante-dix œuvres d’artistes issus de l’émigration mexicaine aux États-Unis (rassemblées par un collectionneur lui-même chicano). À partir de ces affiches, tableaux, fresques murales, l’équipe du musée nous fait découvrir les différents moments de cette émigration, sa violence, les différentes résistances de ces premiers émigrés, celle de leurs enfants nés en Amérique avec sa traduction dans leur art, l’art chicano...
Quelques photographies du début du 20e siècle témoignent : les hommes qui fuient la misère, passent la frontière pour travailler dans les grandes exploitations agricoles californiennes et dans les usines, rejoints ensuite par les femmes, les enfants… Puis dans les années 60, ce sont les premières organisations et les grandes grèves des ouvriers agricoles chicanos, contemporaines des luttes pour les droits civiques des Noirs américains. La création artistique participe de ce mouvement pour l’affirmation de leurs droits.
Les artistes ont utilisé les murs comme champ d’action, résultat de leur pauvreté et de la tradition de la peinture murale mexicaine. Ils vont s’organiser en collectifs puis peindre sur des toiles. Leurs œuvres sont souvent très colorées, violentes, jouant des stéréotypes imposés par l’Amérique raciste aux Chicanos (les mauvais garçons, les prostituées), jouant aussi de la tradition des iconographies religieuses, des références à la culture aztèque, mais c’est plus de la violence urbaine de la pauvreté dont il est question.
Ces peintures qui expriment les tensions sociales ne manquent pas d’humour. Les toiles, souvent hyperréalistes, montrent les rêves perdus, les inégalités, les SDF dans les galeries marchandes, elles traitent du féminisme, du choc des cultures...
L’exposition est riche et très bien conçue, très politique en fait. Elle retrace la violence faite à ces générations successives de Mexicains-Américains et leurs réponses dans leur art. Allez-y, et vous y verrez sûrement bien d’autres aspects.

Michelle Dupouy
Tous les jours de 11 h à 18 h, sauf le lundi. 6,5 euros. Visite commentée le dimanche à 15 h (c’est mieux, on apprend plein de choses !)

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