Essai : Enfance d’un petit eurasien, Pierre Louis

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Éditions Thé Gioi, 2014, 16 euros.

Beaucoup de militantEs chez Renault et plus largement connaissent Pierre Louis comme ami et militant. Avec Enfance d’un petit Eurasien, Phom Van Thanh nous livre un témoignage rare sur son enfance d’enfant eurasien au Vietnam, « ­petit Vietnamien comme les autres » bercé par les contes et les légendes du Vietnam.

Après que le père, militaire français, fut parti, l’administration coloniale, au lieu de donner une pension pour aider mère et enfant, décida de les séparer « en achetant l’enfant à la mère ». Comme beaucoup d’autres, Pierre se retrouva dans un orphelinat réservé aux métis et tenu par des religieuses.

Punitions corporelles, apprentissage à marche forcée de la langue française, l’histoire de « ses » ancêtres les gaulois rythment la vie dans l’orphelinat. Quelques événements franchissent les portes de l’orphelinat : l’occupation par les troupes japonaises en mars1945, la bombe « atomic » tombée sur Hiroshima, l’arrivée du Viet Minh avec les mots de liberté.

La guerre d’Indochine commençant, les autorités françaises organisèrent le départ en France de nombre de ces enfants métis. Son récit s’arrête en août 1947, date de son débarquement à Marseille : à douze ans, « son histoire devient une histoire d’adulte ». Un récit à lire pour apprendre comment se forge dans une société coloniale une conscience de jeune révolté.

JCV

Édité et imprimé au Vietnam, disponible à la librairie La Brèche.

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