À voir : Séjour dans les monts Fuchun, de Gu Xiaogang

Film chinois, 2 h 30, sorti le 1er janvier 2020. 

Avec des acteurEs amateurs et des moyens réduits, Gu Xiaogang dépeint une année du destin d’une famille dans une petite ville fluviale du sud-ouest de la Chine. Fuyang (ville natale du réalisateur) est en plein bouleversement : elle vient d’être intégrée au district de la capitale provinciale Hangzhou, où se dérouleront en 2022 les jeux asiatiques. On y démolit à tour de bras des immeubles pour rénover la ville en indemnisant plus ou moins généreusement les anciens occupants.

L’argent préoccupation essentielle

Chacun des quatre frères essaie d’y mener sa vie le moins mal possible. Il y a la mère brusquement rattrapée par la vieillesse qu’il faut prendre en charge, ce qui provoque des conflits. Et pour chacun, il faut gagner sa vie : gérer un restaurant pour l’un, vivre de la pêche des poissons du fleuve pour un autre, recourir à la débrouille aux franges de la légalité pour un troisième.

Dans cette Chine, l’argent est une préoccupation essentielle : une bonne partie des dialogues tourne autour de cette question. C’est comme s’il n’y avait jamais eu de révolution : la seule banderole rouge dans une rue a trait à la rénovation ! Les conditions de travail des ouvriers qui démolissent les maisons sont impitoyables. Et la pègre règne : gare à celui qui ne paye pas ses dettes et à sa famille.

Le réalisateur dit s’être inspiré d’une peinture chinoise traditionnelle (un rouleau de 5 mètres de long) décrivant une ville au bord d’une rivière et les conditions de vie de ses habitantEs. Le film est long (2 h 30) mais on ne se lasse pas de suivre la vie de ces « ChinoisES ordinaires » de notre époque.

HW

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