A voir : Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec

Film d’animation français, 1 h 21 min, sorti le 4 septembre.

Dans un Afghanistan qui entre dans sa troisième décennie de guerre, le film d’animation les Hirondelles de Kaboul nous emmène dans la capitale, deux ans après la prise de pouvoir par les Talibans, où l’ordre règne à coups de fouet, de potence et de lapidation.


Combattre les barbaries, petites et grandes
Le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de trouver un espace de liberté, mais difficile d’être libre et amoureux dans le Kaboul de 1998. Encore plus dur d’être une femme et de vivre sous le joug d’une barbarie moyenâgeuse.
Un geste inhumain de Mohsen conduit à une dispute dramatique et Zunaira est condamnée à la pendaison publique. En prison, elle fait la connaissance du gardien Atiq, perdu entre la douleur de ne pouvoir soutenir sa femme malade du cancer, l’obligation sociale de faire peu de cas des femmes, qui « ne doivent rien aux hommes », et ses sentiments pour la belle Zunaira qui refuse de porter le tchadri.
Le film de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec porte à l’écran le roman tragique de Yasmina Khadra avec une douceur couleur pastel : de lâchetés en renoncements, on perçoit le trouble profond des personnages face au ravage des idées réactionnaires. Comment résister ? Est-il seulement possible de réfléchir collectivement au sens du mot « liberté » ou ce combat devra-t-il être cantonné à quelques esprits philosophes égarés dans la barbarie ?
Dans ce film d’animation, malgré toutes les horreurs de la guerre et du régime des Talibans, quand le seul horizon semble être la fuite ou la mort, il reste la dignité – et c’est peut-être le beau message humain que ce film nous fait voir.

Selma Timis

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