À voir : J’ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin

Film d’animation français, 1h21 min, sorti le 6 novembre 2019. 

La porte du réfrigérateur d’un laboratoire s’ouvre, une main s’en échappe et part à la recherche de son corps. C’est elle, véritable personnage, qui est le fil conducteur du récit, elle qui fait le lien entre le passé et le présent, elle qui permet de montrer les instants heureux de l’enfance lorsqu’elle ne faisait qu’un avec le reste du corps, laissant s’écouler le sable chaud entre les doigts, essayant inlassablement d’attraper les mouches et puis les caresses… 

Voyage onirique plein de poésie

Une enfance radieuse à Rabat dans les années soixante, dans une famille intellectuelle aimante et joyeuse, un père attentionné et une mère violoncelliste qui fait découvrir le piano à son fils Naoufel, Jusqu’au drame, un accident de voiture qui va chambouler la vie du jeune garçon qui s’annonçait prometteuse. Il est envoyé en France, à Paris, les années passent, il grandit et devient livreur de pizzas. Mais il est en complet décalage avec le monde qui l’entoure lui rêveur, plutôt lent, qui aime la littérature se retrouve bousculé par une société pressée et violente. 

J’ai perdu mon corps est un film d’animation qui réussit merveilleusement bien à conduire en parallèle deux narrations : celle de la main qui poursuit désespérément la quête de son corps à travers maintes péripéties, et celle de Naoufel qui recherche son amour Gabrielle, rencontrée par l’intermédiaire de l’interphone d’un immeuble un soir de pluie alors qu’il faisait une livraison de pizza.

Après un début de film qui peut paraitre bien étrange, les spectateurEs sont emportés dans ce voyage onirique plein de poésie, d’émotion et d’humour sans jamais se perdre. On se prend d’affection pour cette main qui évolue silencieusement dans la ville. Les dessins sont superbes, les enchainements sont fluides et parfaitement maitrisés, passant d’une histoire à l’autre.

Jérémy Clapin, réalisateur et scénariste, s’est inspiré du livre de Guillaume Laurant (qui est aussi le co-scénariste), Happy Hand, pour réaliser son premier long métrage.

Une véritable réussite à voir absolument, mais il est recommandé de ne pas y aller avec des enfants de moins de 12 ans, c’est en effet plus adapté à des adolescentEs et des adultes.

Béatrice Walylo

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