Sélection de Noël de la librairie La Brèche

Sélection réalisée par la librairie La Brèche. Présentations éditeurs.

Le Diable trouve à faire, de James Baldwin

Éditions Capricci, 144 pages, 17 euros.

Le Diable trouve à faire révèle une autre facette du grand écrivain James Baldwin : celle d’un critique au regard incisif, attaché à explorer les fantasmes, illusions et préjugés des films qui ont marqué sa vie. Dans son style à la fois vif et lyrique, il parcourt ses premiers souvenirs de cinéma, indissociables des difficultés familiales et de sa découverte de la société dans laquelle il vit.

Ces mémoires très littéraires qui font écho au texte de I Am Not Your Negro occupent une place unique dans l’œuvre de Baldwin. Aux États-Unis, la vision du cinéma que propose Baldwin a été un véritable électrochoc pour la presse et de nombreux penseurs, tant il passe à l’acide les archétypes du Noir et du Blanc que Hollywood a largement contribué à banaliser.

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J’ai toujours aimé la nuit, de Patrick Chamoiseau

Points Thriller, 288 pages, 7,20 euros.

Un commandant de police enfermé seul avec un tueur. La scène pourrait paraître banale. Elle l’est déjà un peu moins lorsqu’on sait que c’est la dernière nuit de service actif du policier et que, pour la première fois de sa longue et monotone carrière, il se retrouve enfin face à ce dont il a toujours rêvé : un tueur en série inconnu des forces de l’ordre. Sauf que, dans cette maison isolée, c’est le tueur qui pointe son arme depuis des heures sur le policier. Depuis des heures l’officier écoute et essaye de graver dans sa mémoire l’incroyable confession de celui qui se surnomme « l’archange de la mort» et qui lui raconte dans le détail son « œuvre » : dix années de crimes impunis. Comment le flic en est-il arrivé là ? Comment une simple altercation au début de la soirée l’a-t-il mis sur la piste du tueur ? Et quelles sont ses chances de s’en sortir ? Patrick Chamoiseau nous livre ici un formidable roman noir, en même temps qu’il dresse un portrait déchirant d’une Martinique livrée à tous les débordements, en passe de perdre sa culture, sa magie et son humanité.

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Vivre ma vie, d’Emma Goldman

Éditions l’Échappée, 1 104 pages, 29,90 euros.

Née en 1869 dans l’Empire russe, Emma Goldman s’exile aux États-Unis à 16 ans. Pauvreté, exploitation et désillusions l’y attendent. Elle plonge alors à corps perdu dans le chaudron politique et intellectuel. Activiste et conférencière anarchiste aussi célèbre que redoutée, elle sillonne au gré des luttes une Amérique en pleine ébullition. Expulsée en 1919 vers la Russie, accueillie chaleureusement par Lénine, elle découvre une réalité qu’elle ne cessera de dénoncer avec courage tout en poursuivant son inlassable combat pour l’émancipation.Son époustouflante épopée mêle morceaux de bravoure et moments d’intimité, grands affrontements politiques et vie d’une femme hors du commun, poésie et quotidien, espoir et désenchantement. Ce texte magistral est à la fois une fresque historique qui donne le vertige, tant on y croise toutes les grandes figures révolutionnaires, une œuvre puissante d’une rare sensibilité et l’un des plus beaux chants d’amour à la révolte et à la liberté. Un monument de la littérature anarchiste enfin traduit intégralement en français.

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Archives des mouvements LGBT+, d’Antoine Idier

Éditions Textuel, 269 pages, 39 euros

Première fresque historique sur la longue durée – 130 ans – portant sur l’ensemble des mouvements LGBT. Un rassemblement exceptionnel d’archives issues d’une quinzaine de fonds publics et privés. Des persécutions jusqu’aux premiers mariages homosexuels en passant par les années sida, Antoine Idier restitue l’ampleur des combats menés. De nombreux contributeurs et témoins incarnent la pluralité des points de vue, des mouvements, des ­générations.

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Droit d’asile, d’Étienne Gendrin

Éditions Des ronds dans l’O, 96 pages, 18 euros

Jeune dessinateur de BD, Étienne rencontre des demandeurs d’asile et des jeunes en difficulté au Foyer du Jeune-Homme de Strasbourg géré par l’Armée du Salut et financé par la région Alsace. Portraits émouvants de jeunes ayant fui leur pays en guerre pour certains, remplis d’espoir malgré tout. Mise en abîme d’un auteur de BD se servant de son expérience personnelle pour donner la parole à des jeunes garçons dont chaque histoire est bouleversante.

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Le Communisme expliqué aux enfants, de Bini Adamczak

Éditions Entremonde, 112 pages, 8 euros.

Il était une fois des gens qui aspiraient à être libérés de la misère du capitalisme. Comment leurs rêves pourraient-ils se réaliser ? Ce petit livre propose un communisme différent, libéré de l’autoritarisme. L’avènement du communisme est raconté dans un conte pour enfants, accompagné d’illustrations de petites révolutionnaires adorables qui vivent leur éveil politique. Tout se déroule dans un monde fantastique avec des princesses jalouses, des épées de fantaisie, des paysannes déplacées, des patronnes méchantes et des travailleuses fatiguées, sans parler d’une chaise parlante et d’un gros pot appelé « l’État ».

 

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