Roman : La faute à Saddam

De Samira Sedira. La Brune au Rouergue, 112 pages, 13,50 euros.

Un très court roman, mais un sujet sensible, traité d'une façon sensible elle aussi.

Deux jeunes français issus de l’immigration, engagés en 1990 dans les spahis, se retrouvent dans le désert du Koweit, dans une guerre d’une forme inconnue jusque-là, à la merci du commandement américain. Comment peut-on être soldat français, quand on est d’origine maghrébine, dans un conflit où l’Occident se bat depuis un pays « arabe », contre un autre pays « arabe » ? La violence du racisme, qu’il n’avait pas anticipée, son incapacité à y répondre (quelle est l’échelle dans l’absurde d’être assimilé par ses propres camarades de régiment à l’ennemi ?), vont conduire un de ces garçons au suicide et l’autre, d’origine italienne, à la dépression. L’ennemi n’est d’ailleurs qu’une vague idée dans cette micro guerre, attente stérile qui a étonné le monde et a ouvert la porte au chaos moyen-oriental .

Catherine Segala

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