Roman : La Disparition de Josef Mengele

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Culture
idées

D’Olivier Guez, Grasset, 240 pages, 18,50 euros. 

Josef Mengele, considéré comme l’un des pires criminels nazis, médecin dans le camp d’extermination d’Auschwitz, surnommé « l’ange de la mort », a réussi pendant trente ans à passer au travers des mailles du filet. 

Soutenu par sa famille de riches industriels qui l’aidera à développer une filiale à Buenos Aires, il y vivra comme un roi alors que l’entreprise familiale, à Günzburg, prospérera allègrement, sans ­jamais être poursuivie.

Une cavale de 30 ans

Olivier Guez, dans un récit très documenté, nous relate sa cavale.

Il alterne judicieusement le récit de la deuxième vie de Joseph Mengele, en exil, et celui de son passé dans l’Allemagne nazie, ne lésine pas sur les descriptions atroces des tortures et autres « expérimentations médicales » sur les personnes déportées, et détaille les aides et complicités dont Mengele a bénéficié pour se cacher en Amérique latine. À commencer par l’Argentine bienveillante, où il arrive en 1949, paradis pour de nombreux anciens nazis (Eichmann entre autres….) qui y ont recommencé une nouvelle vie grâce à la complaisance de Perón. Mengele devra plus tard, fuir au Paraguay, puis au Brésil, où il mourra seul, dans un quartier miteux.

Il n’aura pas connu, comme Eichmann, l’angoisse de comparaître en justice. 

On a du mal à interrompre la lecture de ce récit, vrai travail de recherche qui nous replonge dans l’horreur du nazisme et la lamentable réalité qui fut celle de l’Argentine de Perón.

Sylvie Tridon

 

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