Les soviets de Petrograd (1917-1918)

De David Mandel, Éditions Syllepse, 568 pages, 25 euros. Commander à la Librarie La Brèche.

Une description minutieuse de la réalité ou plutôt des réalités du prolétariat de Petrograd suivi dans ses évolutions « sociologiques » imposées par la guerre, dans ses hésitations politiques depuis février jusqu’en octobre. Évolutions politiques qui se font sous la pression de la volonté de la classe ouvrière de construire, d’imposer, de conserver, ses revendications. 

Contre toute vision linéaire

Mandel contribue de façon particulièrement riche et documentée à tordre le cou à toute écriture d’une histoire linéaire, pré-programmée. Toutes les questions sont débattues autour de la façon de prendre en main la production, l’organisation de l’activité industrielle. Confrontés ici à la désertion des directeurs d’usine, là au sabotage par ceux d’entre eux qui tentent d’empêcher leur mise à l’écart, la concrétisation des mots d’ordre de contrôle ouvrier, de nationalisations, de « Tout le pouvoir aux soviets ». Un dernier chapitre très prenant où l’auteur décrit un prolétariat aux abois, en partie incrédule devant la signature de la paix avec l’Allemagne. Mais surtout dont la désintégration physique va laisser la place à un appareil de plus en plus autoritaire, confronté à l’énorme tâche de reconstruction du pays en guerre civile.

RP

 

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