À lire : Recueil d’un clandestin, d’Oumar M’Bareck

Dos Carré Collé, 112 pages, 10 euros, disponible sur coollibri.com.

Oumar est un jeune Mauritanien de 22 ans qui a quitté son pays. Après être passé par l’Espagne, il arrive en France en février 2017 et fait une demande d’asile. Quelques mois plus tard, il est arrêté à la préfecture de Bordeaux et doit être reconduit vers l’Espagne selon les « procédures de Dublin ». Son refus d’embarquer a fait de lui un clandestin, toujours sur le qui-vive, sous la menace permanente d’une arrestation.

« Ma vie entre exclu et inconnu »

Il est seul, sans ressources, étranger exilé dans une ville étrangère, sans domicile ni identité. Rester invisible, transparent, ne pas se faire remarquer pour gagner un jour de plus parce qu’il a juste envie de vivre sa vie mais qu’il « ne pèse pas lourd sur la balance dans la société » : « Clandestin dans la rue/sans toit/sans papiers/sans futur/sans présent ».

Ses textes, des poésies en prose écrites entre août 2017 et octobre 2018, racontent son parcours pour arriver jusqu’ici, sa vie dans la rue où son seul toit était le ciel, « ma vie entre exclu et inconnu/entre larmes et peur ». De son départ de la Mauritanie, de sa traversée du désert au sens propre, puis de la Méditerranée sur un bateau pneumatique, la mort rode partout. Il y a ceux qui ne verront jamais l’autre rive, faisant de cette mer un véritable cimetière, il y a ceux qui deviennent esclaves en Libye et bien d’autres, mais aussi ceux qui restent. « Chez eux aussi, il pleut/des gouttes de sang/des rafales/des bombes ».

En peu de pages, c’est un condensé de la tragédie que vivent les migrants et qui illustre la barbarie du capitalisme qui pousse des millions d’hommes, de femmes et d’enfants à fuir au péril de leur vie les violences et la misère générée par cette société d’exploitation.

Corinne

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