À lire : CLIC-P, l’intersyndicale qui fait trembler les enseignes, de Bruno Deporcq

Éditions Syllepse, 152 pages, 8 euros.

Pour marquer le dixième anniversaire de cette expérience syndicale originale, sort un petit livre consacré au Comité de liaison intersyndical du Commerce de Paris, le CLIC-P. Issue du regroupement de 6 syndicats du commerce parisien (et désormais 4 dont la CGT, qui en est la principale force), cette intersyndicale a défrayé la chronique à plusieurs reprises ces dernières années au travers de procès contre les grandes enseignes du commerce qui bafouent la législation relative au travail dominical et nocturne.

Une capacité à peser dans le débat public

L’ouvrage revient dans le détail sur les démêlés de Virgin, de Sephora ou encore récemment de Monoprix. Il met aussi à nu le mécanisme utilisé depuis les années 1990 par les grandes enseignes pour repousser encore plus loin les horaires d’ouverture des commerces : d’abord violer la loi puis s’ériger en victime, au nom de la modernité et de la défense de l’emploi, après avoir été condamnées par la justice, pour enfin changer la loi à leur avantage à l’aide des gouvernements successifs, de droite comme prétendument de gauche avec la loi Macron de 2016, qui a instauré les Zones touristiques internationales et le travail en soirée.

En dépit d’une faible implantation syndicale dans le secteur du commerce, le CLIC-P a démontré sa capacité à peser dans le débat public, qui suscite l’antagonisme des centrales syndicales auxquelles les organisations qui le composent sont rattachées. Et aussi une capacité à mobiliser pour retarder, voire contrer les attaques majeures sur le temps de travail et la santé que sont le développement du travail dominical et nocturne. Le livre met également en lumière l’enjeu sociétal autour de ces questions, enjeu qui va au-delà des travailleurs (et surtout des travailleuses) concernés, et se termine par les portraits des animateurEs du CLIC-P. 

LD

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