Les nationalistes à l’assaut de l’Europe

Sous la direction de Dominique Vidal. Demopolis, 280 pages, 21 euros, sortie le 28 mars.

Dans cet ouvrage coordonné par Dominique Vidal, on trouvera 20 auteurEs et autant de contributions consacrées, comme le titre de livre l’indique, au développement des courants nationalistes en Europe. 

Un étrange voyage à travers l’Europe

Chaque contribution est consacrée à un (parfois deux) pays, ce qui permet aux lecteurEs d’effectuer un étrange voyage à travers l’Europe, et de constater qu’au-delà des singularités nationales, des phénomènes similaires se produisent au sein du « vieux continent », du nord au sud et d’est en ouest. 

Allemagne, Belgique, Danemark, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède… À de rares exceptions près, aucun pays ne semble aujourd’hui échapper au développement de courants nationalistes, voire fascisants, au sein d’une UE en crise (économique, politique, sociale…) qui ne semble pas près d’en finir. À deux mois des élections européennes, la perspective, sinon d’une victoire, mais au moins d’un spectaculaire progrès des forces nationalistes et d’extrême droite, a de quoi inquiéter, comme le rappelle Dominique Vidal dans son introduction, celles et ceux « qui savent ce qu’elle pourrait signifier en matière de régression sociale, de dérive autoritaire, d’étouffement culturel et de tension internationale »

On lira donc avec intérêt cet ouvrage qui fonctionne presque comme un manuel, et qui pallie le manque d’enquêtes fournies dans les médias dominants. Certains points mériteraient discussion, de l’usage du concept de « populisme », qui souvent obscurcit davantage qu’il n’éclaire les analyses, à un optimisme palpable quant à la possibilité de réformer et/ou transformer une Union européenne construite et organisée par et pour les bourgeoisies, mais la lecture de ce livre n’en est pas moins recommandée. 

J.S. 

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