Le Temps des ouvriers

Série documentaire réalisée par Stan Neumann. Diffusion sur Arte le 28 avril avec VOD et DVD à partir du 22 avril.

Ce n’est pas si souvent que des documentaires sur la classe ouvrière, les ouvriers, sont diffusés en « prime time » sur les chaînes de télévision. Une sortie qui tombe plutôt bien au moment où la pandémie liée au coronavirus met en évidence le rôle incontournable des soutierEs de la société.

De l’usine aux barricades

Le titre, Le temps des ouvriers, renvoie à deux fils conducteurs. Tout d’abord le temps dans le travail lui-même, un temps chronométré, surveillé, disséqué pour accroître la productivité et étendu dans la journée, la semaine, l’année, annualisé, gagné sur le temps hors travail. Et l’autre temps, celui de la classe ouvrière depuis sa « création » au milieu du 19e siècle jusqu’aux tentatives d’effacement dont elle est l’objet depuis quelques décennies.

Tout commence, dans Le temps de l’usine par la « création » de la classe ouvrière avec le « broyage » de la paysannerie dans l’appareil productif industriel et celui des artisans arrachés à leur machines, dépossédés de leur savoir-faire. La violence des conditions de travail notamment pour les femmes et les enfants conduit à des révoltes dont le luddisme longtemps occulté par un mouvement ouvrier gagné aux bienfaits du développement de la production.

Le deuxième volet, Le temps des barricades, montre comment le développement de la classe ouvrière rend incontournable son organisation et la reconnaissance de droits, de protections. L’­effroyable misère de la classe ouvrière engendre des révoltes et un début d’organisation. Avec les révoltes-révolutions de 1830, 1848 et la Commune de Paris, les affrontements se multiplient et, malgré la répression, imposent les premières lois sociales. C’est l’époque où naissent les grands courant du mouvement ouvrier, de Fourier à Marx en passant par Proudhon, les internationales jusqu’au Parti social-démocrate allemand et son million d’adhérentEs à la veille de la Première Guerre mondiale.

Face à l’organisation scientifique du travail

Le troisième épisode, Le temps de la chaîne, évoque la place grandissante de la classe ouvrière avec la généralisation du taylorisme et du fordisme. La mise en œuvre de l’organisation scientifique du travail faite de parcellisation, d’intensification du travail et d’homogénéisation de la classe. Et des affrontements qui iront de grèves en révoltes, de révolutions en contre-révolutions, de la Russie à l’Espagne.

Le quatrième volet est, malencontreusement, intitulé La destruction. Après les défaites du 20e siècle, des divisions du mouvement ouvrier, la perte de repères (trahison social-démocrate, stalinisme), la déstructuration, l’intégration de la classe ouvrière, la destruction matérielle des sites traditionnels de production, il ne resterait qu’un mythe, une mémoire.

Une leçon terminale qui ne saurait gâcher notre très bonne impression. De belles cartes postales, de belles images, de riches (re-)découvertes d’événements, de luttes, de personnages qui ont donné corps à la classe ouvrière. De l’émotion. À voir, revoir, discuter, faire circuler.

Contacts presse Arte éditions :
Henriette Souk : h-souk@artefrance.
Deyana Baeva : d-baeva@artefrance

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