Expositions : y’a pas qu’à Paris ! (3)

Il y a plein d’expositions de très haute qualité que l’on peut voir hors de Paris. Alors, pour ne pas céder au centralisme parisien, voici quelques expositions à découvrir. Même si nous n’avons pu les voir personnellement, par les sujets abordés ou du fait des artistes exposéEs, elles ont retenu notre attention et elles permettent surtout à nos lecteurEs vivant et travaillant dans l’hexagone, qui n’ont pas le temps ou les moyens d’aller à Paris, de découvrir l’art  moderne et contemporain. Et son actualité ! Troisième panorama, du nord au sud et d’est en ouest. 

Julien Prévieux, Mordre la machine  

Marseille, Musée d’art contemporain, jusqu’au 24 février. 

La rétrospective d’une œuvre associant ironie et critique, jeux et distance, tout en interrogeant notre monde de réseau et de travail en flux. Si Julien Prévieux conçoit son œuvre en écho à la mise en données et en information du monde, en donnant notamment à voir les données autrement, il interprète cet arrière-plan pour mieux produire des formes, des expériences singulières et des stratégies critiques. 

De Monet à Soulage, les chemins de la modernité

Saint-Étienne, Musée d’art moderne et contemporain, jusqu’au 24 février.  

Du réalisme à la peinture la plus contemporaine, en passant par l’impressionnisme, le symbolisme, le cubisme, le surréalisme et les mouvements abstraits, les grands tournants de l’art de ces deux derniers siècles s’illustrent et dialoguent au fil des salles... 

Damien Deroubaix, Headbangers Ball

Saint-Étienne, Musée d’art moderne et contemporain, jusqu’au 24 février.  

Le titre fait référence à l’émission musicale culte consacrée au métal, diffusée sur MTV dans les années 1990. Les thématiques abordées par l’artiste sont multiples, comme le capitalisme, le pouvoir, ou encore la mort. Comme des monstres provenant de l’obscurité du monde, les figures convoquées par Damien Deroubaix s’entrechoquent entre elles. Il aborde dans la série Painters les grands peintres qui l’on inspiré, comme Picasso ou Delacroix : d’immenses toiles se font face dans une salle du musée.

Mitchell/Riopelle : un couple dans la démesure 

Landerneau - Fonds H & E Leclerc pour la Culture, jusqu’au 22 avril.

L’étatsunienne Joan Mitchell (1925-1992) et le canadien Jean-Paul Riopelle (1923-2002) s’inscrivent, à l’image de Camille Claudel et Auguste Rodin, Lee Miller et Man Ray, Frida Kahlo et Diego Rivera, Lee Krasner et Jackson Pollock... dans la constellation des mythologies sentimentales et artistiques, où se révèle toute la portée d’un lien affectif étroit entre deux créateurEs passionnés et audacieux. Pour la toute première fois, une exposition retrace leurs carrières artistiques respectives à l’aune de leur relation, à compter de leur rencontre en 1955, jusqu’à leur séparation en 1979. Des peintures emblématiques et principalement de grand format, fruits de leur travail réalisé dans le contexte particulier de cette liaison, sont présentées.

À des années lumières 

Caen, Musée des beaux arts, jusqu’au 3 mars.

Longtemps, les artistes se sont attachés à représenter la lumière dans ses effets, comme l’une des conditions et des manifestations de la visibilité du monde. Peu à peu, l’omniprésence de l’éclairage artificiel les a incités à utiliser la lumière réelle comme un médium à part entière. D’autres tentent de saisir la lumière sous de multiples formes, dessinées, peintes ou sculptées. La trentaine d’œuvres exposées déclinent autant d’éclats, de lueurs, de reflets, de transparences, de miroitements, d’ombres portées. 

Philippe Cyroulnik

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