Exposition : Willy Ronis par Willy Ronis

Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant (Paris 20e), jusqu’au 29 septembre.

Ce n’est pas politiquement correct de dire que c’était mieux avant ! Mais quand on visite l’exposition des photographies de Willy Ronis présentée par la mairie du 20e au Pavillon Carré de Baudouin, celles et ceux d’entre nous qui n’ont plus vingt ans depuis longtemps, et surtout s’ils et elles ont été élevés à Paris, plongent dans une mer de nostalgie. 

Un Paris qui n’existe plus

Le monde a moins changé entre les débuts de Ronis, en 1926, à ses photos de 1975, que depuis cette date. Les photos de Paris, prises souvent dans les rues autour de l’exposition, celles des ouvriers, des usines ; SNECMA, Rhodiaceta, Renault… des manifestations populaires de 1936 et de la libération, les cafés, les fêtes, les cuisines, les enfants, montrent un monde dur, pauvre, ce n’est pas le Paris gentrifié. Idem pour les photos des provinces ou de l’étranger. On sent toute la difficulté de la vie, la joie de vivre, et on contemple une classe ouvrière qui n’existe plus.

Les 200 clichés exposés proviennent essentiellement de six albums constitués par Ronis à partir de 1985, son testament photo-graphique dans lequel éclate tout son humanisme, son empathie et son engagement social.

Ne pas manquer dans l’escalier une série d’autoportraits, les ancêtres du selfie, absolument fabuleux, parfois en abîme avec un humour fou.

Ce petit miracle est… gratuit, du mardi au samedi de 11 h à 18 h. Visite guidée sans réservation le samedi à 11 h. Courez- y. Comme c’est gratuit et que c’est loin du centre de Paris, pas de file d’attente et pas de foule !

Catherine Segala

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.