Exposition : Hodler, Monet, Munch

Au musée Marmottan-Monet (Paris 16e) jusqu’au 22 janvier 2017. 

Peindre l’impossible... Une belle idée de rapprocher trois peintres majeurs qui ont fait basculer l’art européen dans la modernité du 20e siècle : le suisse Ferdinand Hodler, le français Claude Monet et le norvégien Edvard Munch.

Ils sont contemporains, ils se connaissent sans vraiment se côtoyer, mais se posent les mêmes questions essentielles : comment rendre sensible l’insaisissable émotion d’un reflet sur l’eau, d’un souffle de vent, d’une nuance sur la neige, d’un éclat éblouissant du soleil ?

Un même questionnement, une approche sensible du paysage où le spectaculaire cède la place à l’émotion, une même ivresse de la couleur, mais des styles bien différents entre impressionnisme et symbolisme, voire précurseurs de l’expressionnisme pour Munch et Holder.

Les paysages enneigés de Monet et bien sûr son Impression soleil couchant nous sont familiers. On connaît aussi les crépuscules et l’aveuglement astral de Munch qui voulait regarder le soleil en face. Mais c’est un vrai bonheur, trop rare en France, d’admirer les œuvres de Hodler, ses fabuleuses vues de montagne qu’il peignait inlassablement, du lac Léman et du Mont Blanc.

C’est une même recherche constante, quasi obsessionnelle, des séries vertigineuses : Monet va en Norvège peindre la neige, Holder sillonne les Alpes, Munch veut figurer les ondes lumineuses du soleil... Mais ce sont des solutions picturales différentes, extrêmes jusqu’à l’abstraction, ou l’expression pure de trois forcenés de la couleur qui voulaient peindre l’impossible.

Une très belle exposition pensée par Philippe Dagen. À voir ne serait-ce que pour Ferdinand Holder qui supporte très bien la confrontation avec Monet.

Ugo Clerico

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