Exposition : Gauguin l’alchimiste

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Culture
idées

Au Grand Palais, du 11 octobre 2017 au 22 janvier 2018.

L’exposition étudie en profondeur la remarquable complémentarité des créations de l’artiste dans le domaine de la peinture, de la sculpture, des arts graphiques et décoratifs. Elle met l’accent sur la modernité du processus créateur de Gauguin (1848-1903), sa capacité à repousser sans cesse les limites de chaque médium.

De nombreux prêts exceptionnels (les Aïeux de Teha’amana, Chicago ; Eh quoi ! Tu es jalouse ?, musée Pouchkine, etc.) permettent de mettre en évidence l’imbrication et les apports mutuels entre schémas formels et conceptuels, mais également entre peinture et objets.

Une ambition artistique croissante

Gauguin, mû par une ambition artistique croissante, s’oriente vers des compositions de plus en plus investies de significations morales, qui deviennent le réceptacle de ses états intérieurs. Leur accomplissement se trouve dans la mise en scène du « terrible moi » souffrant et sauvage. 

Les motifs n’échappent pas à cette mue : ainsi le baigneur devient Léda, la figure du désespoir inspiré par une momie du Trocadéro devient une allégorie de la Misère humaine, et la femme dans les vagues se mue en Ondine.

« L’imagier des Tropiques » met en évidence la résonance des traditions maories dans l’œuvre de Gauguin. S’il construit lors de son premier voyage à Tahiti une imagerie personnelle de la vie tahitienne, on constate la puissance de ses recherches formelles.

Le thème récurrent d’une nature « habitée » traverse les œuvres réunies, comme en témoignent les pastorales et le développement du thème de l’humain dans la nature.

Une salle est dédiée au manuscrit de Noa Noa, très rarement montré au public.

Recherches décoratives

Une autre salle, « Mythes et réinventions », met en évidence l’amplification de la dimension mystique de l’œuvre de Gauguin à Tahiti. Face aux traces matérielles restreintes laissées par les cultes tahitiens, Gauguin invente à partir de la tradition orale tahitienne un nouveau langage plastique.

Gauguin, pour les recherches décoratives dans sa dernière période, aussi bien dans les intérieurs que dans l’évocation d’une nature luxuriante (Rupe Rupe, musée Pouchkine). Œuvre d’art totale, sa case à Hiva Oa (la Maison du jouir) vient parachever sa quête d’un âge d’or primitif. 

L’évocation numérique sous forme d’hologramme de la Maison du jouir, présentée pour la première fois dans une exposition avec les sculptures qui ornaient son entrée, clôture le parcours par une découverte de la dernière maison-atelier de Gauguin, une immersion inédite dans l’atelier de sa création.

Milo

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