Deux livres à propos du 17 octobre 1961

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Culture
idées

Jean-Luc Einaudi, la Bataille de Paris. 17 octobre 1961, Le Seuil, 1991 (réédition en poche en 2001, postface inédite de l’auteur).
Fabrice Riceputi, la Bataille d’Einaudi, Le Passager clandestin, 2015, 15 euros.

Si le 17 octobre 1961 a fini par être reconnu et si l’évènement figure désormais dans les manuels scolaires, c’est au terme de 30 années d’un véritable combat mené par l’historien Jean-Luc Einaudi et la publication de son ouvrage la Bataille de Paris en 1991.

Cette histoire de l’histoire est racontée par Fabrice Riceputi dans la Bataille d’Einaudi.

Dans cette quête de la reconnaissance d’un évident – et monstrueux – crime d’État, Jean-Luc dut notamment affronter l’un des piliers de l’État, un des instigateurs de la répression de cette manifestation pacifique de travailleurs algériens à Paris souvent venus en famille depuis les banlieues : l’ignoble préfet Papon, qui joua un rôle de sinistre mémoire dans les rafles des juifs durant la guerre.

Jean-Luc fut ainsi attaqué en justice en 1991 par Papon pour diffamation. Ce dernier fut certes et heureusement débouté, mais le procès fut l’occasion d’entendre nombre de mensonges révisionnistes qui donnent une idée de l’ampleur de la tâche à laquelle Jean-Luc était confronté. L’avocat de Papon présenta ainsi le préfet comme un « modérateur », évoquant « une situation quasi insurrectionnelle », et une guerre où « la manifestation apparemment pacifique est une arme »

Une « modération » dont une note manuscrite de Papon, datée du 5 septembre 1961, témoigne de façon limpide : « les groupes de choc [du FLN] en flagrant crime doivent être abattus sur place par les forces de l’ordre ». La police parisienne et ses supplétifs, honnêtes OAS et autres néo­fascistes, ont bel et bien agi sur ordre.

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