Cinéma : Divines

De Houda Benyamina, avec Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena et Jisca Kalvanda. Sortie le mercredi 31 août 2016. 

Caméra d’or, c’est-à-dire meilleur premier film toutes sélections confondues, du dernier Festival de Cannes, Divines de Houda Benyamina, présenté dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, a été l’une des sensations sur la Croisette. Deux jeunes filles d’une cité, Dounia (Oulaya Amamra) et Maïmouna (Déborah Lukumuena), font les 400 coups dans leur quartier qu’elles rêvent de quitter par la grande porte. Pour cela, elles se rapprochent de la dealeuse principale de la cité, Rebecca (Jisca Kalvanda). Elles font rapidement leurs « classes » dans ce monde dangereux, ce qui vaut à Dounia une réplique de Rebecca que la réalisatrice a répété sur la grande scène du Palais des festivals en venant chercher son prix : « t’as du clito ! »

Après Bande de filles de Céline Sciamma en 2014, il s’agit du ­deuxième film français qui voit la cité du point de vue de jeunes femmes/ados. Il y a donc des similitudes, mais les deux films sont très différents. Divines est beaucoup plus sombre, plus pessimiste. Ainsi la bluette de Dounia avec un vigile, aussi jeune danseur d’un ballet contemporain (Kevin Mischel), lorsqu’elle est enfin assumée, se révèle finalement impossible.

La jeune Dounia est vite ramenée à sa condition : la cité. Elle n’y vit même pas mais dans un bidonville de Roms juste à côté, où sa mère se prostitue et son grand frère se travestit pour faire de la danse orientale. L’école, elle la quitte avec fracas, tournant la dos à un BEP dont elle n’a que faire, pour se faire dealeuse en espérant faire fortune et donc quitter ce monde dont elle connaît tous les recoins. Mais chaque fois que le film laisse croire que tout va bien pour Dounia et Maïmouna, un événement ruine leurs minces espoirs...

Cependant, malgré quelques maladresses formelles et une histoire parfois convenue, le film donne un sentiment de grande fraîcheur, comme un tourbillon généré par la réalisatrice et ses jeunes actrices à l’énergie aussi débordante que les personnages qu’elles incarnent à l’écran.

Olivier Sillam

 

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