Cinéma : Après la guerre

Réalisé par Annarita Zambrano (2017).

La guerre dont il s’agit ici est la période de l’affrontement entre ce que l’on a appelé en italien les « pitrentottisti » (ceux qui maniaient le pistolet P38) et les forces de l’État.

En 2002, la « guerre » semble finie et quelques centaines d’activistes italiens (qui n’avaient pas tous usé des armes) ont trouvé refuge en France, où Mitterrand s’était engagé à ne pas les livrer à une justice expéditive. Mais brusquement, alors qu’un mouvement de lutte se développe contre la réforme réduisant les garanties des salariéEs entreprise par le gouvernement Berlusconi, un conseiller gouvernemental, Marco Biagi, est abattu. Tout cela est authentique. C’est là que commence le film.

Ni bilan ni analyse

Marco, ex-militant, condamné pour meurtre et réfugié en France depuis 20 ans, est soupçonné d’avoir commandité l’attentat, d’autant que le groupe qui le revendique a repris le nom de l’organisation à laquelle il a appartenu. Le gouvernement italien demande son extradition. La France va accepter, et Marco prend donc la fuite, entraînant Viola, sa fille de 16 ans. Ce premier quart d’heure contient les seuls aspects vraiment intéressants du film, et renvoie notamment au retournement des autorités françaises qui, à cette époque, ont livré à l’Italie Paolo Persichetti, finalement disculpé de toute participation à l’attentat contre Biagi (ce qui n’a pas empêché son emprisonnement).

Le Marco du film n’attire pas la sympathie. Pour justifier son action passée, il ne sait que répéter que c’était la guerre entre l’État et son groupe et expliquer que, s’il n’avait pas choisi la lutte armée, il serait mort d’une overdose d’héroïne. Il ne fait ni bilan ni analyse des impasses sanglantes de ce qu’était devenue l’action des Brigades rouges et des groupes qui en étaient issus. Marco est souvent brutal avec sa fille. Bien que le sujet soit éminemment politique, le film prétend traiter avant tout de l’humain, des répercussions dramatiques de la situation sur la famille de Marco, outre sa fille, sur ceux qui vivent en Italie : sa mère, sa sœur et son mari procureur. Tout cela est un peu mince, avec une mise en scène assez plate, et ne permet guère de comprendre les évènements italiens des années 1970 et 1980, également marquées par un terrorisme fasciste auquel il n’est fait aucune allusion.

Henri Wilno 

 

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