Cinéma : Titli, une chronique indienne

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De Kanu Behl, avec Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi et Ranvir Shorey. 
Sortie le mercredi 6 mai.

A la jonction du film social et du polar, Titli se déroule dans une banlieue de Delhi. Titli (« papillon »), le personnage principal, rêve d’échapper à un milieu familial de magouilleurs et de petits gangsters, capables de massacrer leurs victimes à coups de marteau. Pour cela, il lui faut à toute force de l’argent afin d’acheter une part de parking qu’il louera ensuite.

L’Inde du film n’est pas celle de Bollywood : c’est une Inde crasseuse et violente où ceux d’« en haut », l’inspecteur de police, le promoteur immobilier sont aussi (voire plus) salauds que les truands de la rue. Les femmes sont victimes de la violence et de la tromperie des hommes. Le père, confit en religion, qui rêve d’un nouveau pèlerinage et se vante de ne jamais lever la main sur personne, est en fait une crapule. Les tours des nouveaux immeubles destinés aux bénéficiaires du « miracle » indien contrastent avec les constructions basses des faubourgs pauvres. Dans un sursaut désespéré, Titli refuse à la fin d’être ce vers quoi l’entraînait irrésistiblement la logique sociale. Pour compléter la vision de l’Inde que donne le film, on pourra lire le roman d’Aravind Adiga le Tigre blanc1.

Henri Wilno

  • 1. 10/18, 2010, 8 euros.

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