Cinéma : Le Majordome de Lee Daniels

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Culture
idées

Avec Forest Whitaker et Oprah Winfrey. 

Sortie le mercredi 11 septembre.

Raconter la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains à travers la vie d’un domestique de la Maison Blanche était une démarche originale et particulièrement ambitieuse. L’inconvénient d’une fresque historique d’une telle ampleur est évidemment que les différents événements ne peuvent être que survolés... Au risque de tomber dans la caricature comme pour les séquences concernant les Black Panthers. Si Forest Whitaker, le majordome en question, sauve le film par sa présence et son talent, on ne peut pas en dire autant des différents présidents des États-Unis que le réalisateur a traités avec une complaisance qui frise la naïveté.

Certains épisodes, comme les attaques du Ku Klux Klan contre des jeunes militants anti-ségrégation, sont réussis et émouvants, mais l’ensemble laisse une impression mitigée. D’autant que le film se termine par une séquence qui évoque un clip de campagne du Parti démocrate : avec Obama, tout est bien qui finit bien. Lee Daniels a tout de même le mérite de rappeler que si les États-Unis ont prétendu lutter pour les droits de l’homme et les camps de concentration dans le monde, ils en ont entretenu sur leur sol pendant deux siècles. Mais, sur le combat des Afro-Américains, on préférera de loin le film à petit budget disponible en DVD Légitime Défense, où l’on retrouve d’ailleurs le même Whitaker à la tête d’une milice d’auto-défense ouvrière contre le Ku Klux Klan dans les années cinquante. Reposant sur une histoire vraie, ce film est beaucoup moins convenu que le Majordome. Et l’on y voit, ce qui est rare, une fraction de la classe ouvrière s’organiser pour défendre ses droits.

Gérard Delteil