Brexit et crise de l’Europe capitaliste : quelle réponse ?

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Moins de trois semaines après le vote des Britanniques pour sortir de l’Union européenne (UE), Theresa May est devenue Première ministre d’un Royaume-Uni quelque peu éclaté après la dérobade du dirigeant de l’UKIP, Nigel Farage, et de Boris Johnson, principal porte-parole de la campagne du Brexit, qui devient cependant ministre des Affaires étrangères.

Theresa May, qui avait rejoint le camp du « Remain », va donc gérer le « Leave ». Elle ne compterait pas activer l’article 50 du traité de Lisbonne – qui déclenchera le processus de sortie de l’UE – avant la fin de l’année. Dérobade, hésitations, diversion, arrangement, la crise politique ouverte le 23 juin n’a pas fini de rebondir. Le monde des politiciens est déstabilisé par les conséquences de sa politique et du mécontentement qu’elle génère au sein des classes populaires et auquel tories et Labour, droite et gauche, fervents défenseurs des intérêts de la classe capitaliste, n’ont aucune réponse autre que démagogie nationaliste, xénophobie et racisme. Diviser pour mieux régner ne leur suffira plus tellement le fossé est grand entre eux, les intérêts qu’ils servent, et les travailleurs, la majorité de la population.

Cette nouvelle étape de la crise de l’Europe capitaliste accentue un processus d’éclatement, les serviteurs de la bourgeoisie n’ayant d’autre réponse que la fuite en avant nationaliste qui profite, partout en Europe, aux forces réactionnaires.

Leur politique alimente leur crise. Les ministres des Finances de la zone euro viennent d’enclencher une procédure de sanctions, inédite dans l’histoire de la monnaie unique, à l’encontre de l’Espagne et du Portugal accusés de ne pas avoir « pris les mesures nécessaires » pour corriger leurs déficits.

Cette fuite en avant renvoie à un problème plus général, celui d’une économie capitaliste croulant sous le poids d’une dette colossale qui ne semble jamais vouloir se résorber, dette publique, dette des entreprises, dette privée. Là encore, Brexit ou pas, la bourgeoisie n’a pas d’autre réponse que de faire payer la dette et ses intérêts, le sauvetage des profits capitalistes, au monde du travail, à la population pour tenter d’éviter une purge financière trop brutale.

Crise économique, crise de l’UE, crise politique, une logique dangereuse pour l’ensemble de la société est en marche. L’Anticapitaliste donne la parole à différents points de vue sur les voies et moyens de répondre à cette logique, d’en imposer une autre du point de vue des luttes des classes exploitées contre le capitalisme, ses institutions tant nationales qu’européennes, pour enrayer la montée des forces réactionnaires et ouvrir une perspective internationaliste.

Yvan Lemaitre

 

Ni « Leave » ni « Remain », ni plan A ni plan B, Un plan de lutte pour les travailleurs par-delà les frontières !

La victoire du Brexit est une nouvelle illustration de l’incapacité des bourgeoisies européennes et de leurs États à construire l’Europe autrement que comme une vaste zone de libre-échange.

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